PROMOUVOIR L’AGENDA FEMMES, PAIX ET SÉCURITÉ DANS LES PROCESSUS DE PAIX  

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New York | 21 septembre 2026

À l’occasion de la réunion de haut niveau consacrée au thème « Promouvoir l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité dans les processus de paix dans la région des Grands Lacs », S. E. Madame Catherine SAMBA-PANZA, ancienne Cheffe de l’État de la République centrafricaine et Facilitatrice dans le processus de paix africain pour l’Est de la RDC, a pris la parole à New York.

Son intervention met en lumière l’importance de renforcer la participation pleine, effective et significative des femmes dans les processus de paix, de prévention et de résolution des conflits.

À travers cette rencontre de haut niveau, l’accent est mis sur la nécessité de faire de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité un véritable levier pour une paix durable et inclusive dans la région des Grands Lacs.

La paix durable se construit avec les femmes, et avec leur pleine participation aux décisions qui façonnent leur avenir.

ALLOCUTION DE S. E. MADAME CATHERINE SAMBA PANZA,
ANCIEN CHEF DE L’ETAT DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE,
FACILITATRICE DANS LE PROCESSUS DE PAIX AFRICAIN POUR L’EST DE LA RDC,
À L’OCCASION DE LA RÉUNION DE HAUT NIVEAU SOUS LE THÈME :
« PROMOUVOIR L’AGENDA FEMMES, PAIX ET SÉCURITÉ DANS LES PROCESSUS DE PAIX DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS ».
NEW YORK, LE 21 SEPTEMBRE 2026

 

Excellences,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

En raison de certaines contraintes, je suis au regret de ne pouvoir participer, en présentiel, à cette importante réunion à New York, consacrée à la promotion de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité dans les processus de paix dans la région des Grands Lacs.

Toutefois, en considération de l’importance que j’accorde aux travaux de cette session de haut niveau, je tiens, à travers ce message vidéo, à vous assurer de mon plein engagement, de ma solidarité et de ma disponibilité à continuer d’accompagner les efforts en faveur d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo et dans l’ensemble de la région.

Je voudrais saluer les efforts conjoints de l’Union africaine, des Nations Unies, de l’Union européenne, ainsi que des organisations régionales et des partenaires engagés dans l’accompagnement des processus de paix.

Permettez-moi de rendre également hommage à Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil du Togo, pour la médiation africaine qu’il conduit avec beaucoup de détermination et sagesse.

Cet hommage va également à l’endroit de mes collègues, membres du Panel des facilitateurs de l’Union africaine pour la détermination dont chacun fait montre dans la réalisation de son mandat.

Qu’il me soit permis de saluer tout particulièrement ma sœur, Son Excellence Sahle-Work Zewde, dont la présence parmi vous aujourd’hui nous honore et témoigne de notre engagement commun en faveur d’une médiation inclusive, attentive aux voix des femmes, des jeunes, des communautés affectées et de la société civile.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

La date du 21 septembre, Journée internationale de la paix, nous rappelle avec force notre responsabilité collective : celle de transformer les engagements politiques en actions concrètes pour les populations qui continuent de subir les conséquences de la violence, des déplacements, de l’insécurité, des violences sexuelles liées au conflit et de l’impunité.

Dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, les femmes et les filles paient un prix particulièrement lourd. Elles sont exposées à des violences multiples, à la perte de moyens de subsistance, à la déscolarisation, aux déplacements forcés et à l’affaiblissement des mécanismes traditionnels de protection. Mais elles sont aussi, je tiens à le souligner avec force, des actrices essentielles de la paix, de la réconciliation, de la cohésion sociale et de la reconstruction de la confiance.

C’est pourquoi leur participation pleine, effective et significative aux processus de médiation, de dialogue, de suivi du cessez-le-feu et de mise en œuvre des accords n’est pas une option. C’est une condition de réussite. Une paix négociée sans les femmes et sans les communautés affectées risque de rester fragile, distante des réalités du terrain et difficile à mettre en œuvre.

Notre ambition commune est de passer de l’inclusion symbolique à une influence réelle. Cela signifie que les femmes doivent pouvoir contribuer à l’identification des priorités, à la formulation des garanties de sécurité, au suivi des engagements, à la lutte contre les violences sexuelles liées au conflit, ainsi qu’aux efforts de justice, de réparation et de réconciliation.

Les efforts récemment engagés à Gaborone, au Botswana, sous l’égide conjointe de l’Union africaine et de la SADC, ont permis de réaffirmer la nécessité d’une feuille de route claire, inclusive et orientée vers les résultats.

Cette feuille de route vise à renforcer, d’ici décembre 2026, une paix plus inclusive et plus durable, en institutionnalisant la participation des femmes, des jeunes, des leaders communautaires et des groupes longtemps marginalisés aux processus de médiation, de réconciliation et de suivi.

Elle prévoit notamment des consultations poussées afin de mieux intégrer les perspectives des femmes dans les discussions de paix, de soutenir les initiatives de cohésion sociale, et de favoriser une participation effective des communautés au dialogue national prévu par les autorités congolaises ainsi qu’aux processus en cours.

Elle vise également à améliorer la coordination entre les acteurs communautaires, nationaux et régionaux, tout en renforçant la résilience des populations face à la violence, aux violations du cessez-le-feu, aux discours de haine et à la désinformation.

À cet égard, les mécanismes d’alerte précoce, les plateformes de consultation, les actions de sensibilisation et les espaces de dialogue communautaire peuvent jouer un rôle décisif. Ils peuvent rapprocher les communautés de l’architecture africaine de paix, renforcer la confiance et contribuer à une mise en œuvre plus transparente et plus redevable des engagements pris.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Les défis financiers, techniques et politiques sont réels. Mais ils ne doivent pas nous ralentir. Ils doivent au contraire nous pousser à agir avec davantage d’audace, de pragmatisme et de solidarité.

« Aucune paix ne sera durable si elle est construite sans les femmes, sans les jeunes et sans les communautés directement affectées par le conflit. »

L’agenda Femmes, Paix et Sécurité ne doit pas rester un principe général. Il doit devenir une méthode de travail, un critère de qualité des processus de paix et un outil concret de redevabilité.

Je forme donc le vœu que les échanges de New York aboutissent à des recommandations pertinentes, réalistes et ambitieuses, capables de renforcer la place des femmes dans les efforts de paix, de soutenir les initiatives locales de médiation et de contribuer à une paix plus inclusive, plus légitime et plus durable dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.

Je vous remercie pour votre bien aimable attention.

 

 

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