C’est fait ! Le nouveau bâtiment de l’école catholique Saint Jacques de Kpètènè a été inauguré ce samedi 19 septembre 2026.

Cette réalisation a été rendue possible grâce à la détermination et au dynamisme du curé abbé Xavier Arnauld FAGBA, ainsi qu’au soutien de l’équipe du conseil paroissial et de la communauté chrétienne de Saint Jacques de Kpètènè.
Ensemble, ils ont mobilisé la collecte de 100 millions de FCFA pour compléter le budget nécessaire à la construction du nouveau bâtiment. Le budget prévisionnel s’élevait à plus de 200 millions de FCFA.
Mais où trouver les 100 millions de FCFA manquants ?

Le Cardinal Dieudonné NZAPALAINGA, qui avait déjà effectué un prêt à la paroisse pour l’achat d’un terrain, a été touché par cette ambition. Il a présenté le projet à la conférence épiscopale italienne, qui a offert un don de 100 millions de FCFA.
En ce 19 septembre 2026, le projet a abouti avec la remise officielle des clés de ce joyau, qui fait désormais partie du patrimoine immobilier de l’archidiocèse de Bangui.
La cérémonie inaugurale a été l’occasion de rappeler l’origine du projet, les défis rencontrés et la générosité de ceux qui ont choisi de le soutenir par le vice –président du conseil pastoral, Guy Roger NELO.

L’essentiel du discours du curé, l’abbé Xavier Arnauld FAGBA
« Partir de Zéro pour un investissement à plus de 200 millions. C’est ainsi que j’aurais aimé titrer mon discours. Car six ans en arrière, le terrain, on n’en avait pas et la caisse paroissiale était presque vide lors de ma prise de service sur la Paroisse Saint Jacques de Kpètènè, comme Curé. Blague à part, le fond de caisse était de 92.000 Fr.
Ce bâtiment désormais fini et réceptionné aujourd’hui, est non seulement un motif d’action de grâce, mais aussi un motif d’orgueil pour moi. J’ai refusé le luxe pour moi-même, j’ai refusé de dormir dans le confort, car on aurait pu commencer au niveau du presbytère, dont le bâtiment est quasiment délabré, j’ai sacrifié aussi bien mes propres moyens qui en temps normal me serviraient pour mes besoins privés ou le paraitre, afin de lancer ce Pari démesuré d’un avenir radieux en faveur de la Paroisse.
Beaucoup au début ne m’avaient pas cru. J’ai eu à défier diffamation, calomnie, médisance, voire des approches ethniques non tenables, Dieu merci, nous sommes venus à bout. Ce ne serait pas une école exclusivement des Yakoma, mais une école de tous : Banda, Mandjia, Sango, Yakoma, Mbati, Ngbaka, Modjomo, Ali, Gbaya… de tous sans distinction ethnique ou religieuse.
Par ailleurs, Signe d’affirmation de notre maturité, ce bâtiment prouve à suffisance que nous, fils et filles de ce Pays, avec nos faiblesses et nos limites, sommes capables de quelque chose. Il signifie aussi que notre Eglise particulière peut se construire avec nous, et non sans nous, comme aimeraient penser certains. Il faut juste de la complicité positive entre le Berger et sa communauté chrétienne, alors des miracles se produiront. Ce bâtiment signifie enfin, qu’il faut parler désormais en blanc, du clergé diocésain centrafricain ».
Le ministre de l’enseignement supérieur, Jean Laurent SYSSA MAGALE, représentant son collègue de l’éducation nationale en déplacement, a exprimé sa gratitude envers l’église pour cet engagement dans l’éducation.

Le Cardinal Dieudonné NZAPALAINGA, croyant fermement en ce projet, a déclaré que cette école servira de pont entre les élèves venant des quartiers proches de Kpetene.
Extrait discours Cardinal NZAPALAINGA
« Le Seigneur a fait pour nous des merveilles, et nous sommes dans la joie ! En ce jour béni, mes premiers mots sont des mots de louange et d’action de grâce. Contempler ce magnifique bâtiment scolaire R+2, dressé fièrement au cœur de Kpéténé, fortifie mon cœur de pasteur. Ce n’est pas un simple édifice de béton. C’est un phare d’espérance, une sainte promesse de relèvement pour notre jeunesse et pour toute la République Centrafricaine.
L’Apôtre Saint Jacques, le saint patron de cette belle communauté, exhorte fermement l’Église en disant : « La foi sans les œuvres est morte ». Aujourd’hui, nous ne parlons plus seulement d’intentions. Nous touchons du doigt une œuvre vivante de foi et de solidarité. En offrant à nos enfants un cadre d’apprentissage moderne, aéré et digne, nous brisons le cercle de la fatalité. Nous refusons de voir nos salles de classe étouffer sous le poids des effectifs pléthoriques. Nous redonnons à nos enseignants la considération qu’ils méritent, et à chaque élève les moyens d’accomplir sa destinée.
L’école catholique se doit d’être le laboratoire d’une Centrafrique nouvelle. Face aux blessures du passé et aux divisions qui déchirent encore trop souvent notre tissu social, ce complexe doit devenir le sanctuaire de la fraternité et de la cohésion. Sous ce toit, chaque enfant — sans distinction d’origine ni de croyance — doit non seulement acquérir la science de ce monde, mais aussi s’armer des vertus du vivre-ensemble, du pardon et de la tolérance. Instruire l’esprit sans former le cœur est une œuvre vaine. Éduquer la jeunesse de Kpéténé, c’est planter aujourd’hui les semences indéracinables de la paix de demain.
Cette œuvre monumentale est le fruit d’une sainte communion de volontés. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au gouvernement centrafricain pour sa confiance et son appui indéfectible à travers l’Enseignement Catholique Associé de Centrafrique (ECAC). Ma reconnaissance s’adresse également, avec une vive émotion, à nos partenaires internationaux et aux généreux bienfaiteurs, dont le soutien financier et matériel a transformé ce rêve en réalité.
Mais je n’oublie pas les mains qui ont bâti ce projet. Merci à vous, ingénieurs, techniciens et ouvriers, qui avez bravé la chaleur et la fatigue pour élever ces murs. Merci aux fidèles de Kpéténé pour vos prières constantes et votre mobilisation communautaire. C’est ensemble, unis par un même amour pour nos enfants, que nous avons vaincu le doute.
À vous, mes chers enfants, je m’adresse avec une immense affection. Ce joyau vous appartient. Respectez-le, protégez-le, maintenez-le propre. Travaillez à l’école avec discipline, rigueur et persévérance. C’est ici que se préparent les futurs bâtisseurs, les leaders intègres et les artisans de paix dont notre patrie a cruellement besoin. Ne gaspillez pas cette chance unique ».
L’archevêque coadjuteur de Bangui, Mgr Joseph SAMEDI, a participé à la bénédiction des salles de classe.
« Pour l’année scolaire 2026-2027, l’équipe dirigeante de l’école prendra à charge les frais d’assurance ainsi que les carnets scolaires de l’ensemble des élèves inscrits », a annoncé Guy Roger NELO, le vice-président du conseil pastoral.
Arsène Jonathan MOSSEAVO


