Le 4 septembre 2026, Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, est intervenue à Paris lors de la deuxième édition de la Fabrique de la diplomatie.
Cet évènement a été organisé par le ministère français des Affaires étrangères en collaboration avec l’université de la Sorbonne Nouvelle. Elle était accompagnée de Son Éminence Dieudonné Cardinal Nzapalainga, archevêque métropolitain de Bangui.
Dans sa communication axée sur la construction de la paix, elle a mis en avant plusieurs points essentiels : la nécessité d’un dialogue constant et inclusif – l’appropriation par la population – l’importance des piliers de sortie de crise. Elle a conclu sa communication avec un message simple :
« Nous devons donc construire la relève ».
Arsène Jonathan MOSSEAVO
Communication de S. E Mme Catherine Samba-Panza, le 4 septembre 2026 à Paris
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Qu’il me soit permis, avant tout propos, d’exprimer ma profonde gratitude au gouvernement de la République Française pour m’avoir associée à la 2ème Edition de cet évènement phare qu’est la Fabrique de la diplomatie.
Mes remerciements s’adressent particulièrement à Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères de la République Française et à Monsieur le Président de la Fabrique de la Diplomatie, pour m’avoir conviée, à la présente cérémonie d’ouverture, en ma qualité de Femme d’Etat et de membre du Réseau International des Médiatrices Francophones, récemment créé à Paris avec le soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères de la République Française.
Je vous prie, Messieurs, de bien vouloir transmettre au Président de la République, Monsieur Emmanuel MACRON, mes hommages les plus sincères, pour l’intérêt que la France porte aux questions de paix, de sécurité et de développement durable.
Je me réjouis particulièrement de l’implication à cet évènement de jeunes à qui il m’a été demandé de partager mes expériences de médiation.
Mon témoignage, ici, vise à transformer l’expérience acquise dans les processus de paix et dans la médiation pour la paix, en ressources pour la diplomatie et en capital de transmission pour la nouvelle génération.
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Qu’il me soit permis de modestement rappeler qu’il y a une dizaine d’années, j’ai conduit une transition politique complexe en République Centrafricaine, dans un contexte particulièrement difficile caractérisé par des cycles de violences extrêmes qui ont ébranlé l’unité, la paix et le vivre ensemble dans mon pays,
Je ne saurais ici mettre en exergue tous les efforts déployés au quotidien pour rapprocher les parties en conflits, faire face aux groupes armés, ramener la paix et la sécurité, asseoir la cohésion sociale et la réconciliation nationale.
Il n’y avait pas d’autres alternatives pour moi qu’un processus de médiation impliquant tous les antagonistes de la crise. Priorité était donc donnée au consensus à tous les niveaux, au dialogue permanent avec toutes les parties prenantes du conflit, l’inclusion de toutes les composantes de la société, sans compter une disponibilité permanente et une écoute constante.
Sur cette base, nous avons pu désamorcer de multiples tensions et ramener une certaine accalmie sécuritaire qui a permis le retour à l’ordre constitutionnel.
Le deuxième exemple de Médiation que je voudrais partager concerne le processus de médiation africaine dans la crise à l’Est de la République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs dans laquelle je suis Facilitatrice pour le compte de l’Union Africaine.
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L’expérience de mon implication à ces niveaux où se négocient la paix, la sécurité et le développement me donne la capacité d’esquisser des réflexions que je voudrais partager avec vous.
La diplomatie doit être capable de regarder au-delà de l’évènement, de détecter les signaux faibles, d’entendre les frustrations qui s’accumulent et d’identifier les fractures avant qu’elles ne deviennent irréversibles.
Elle nous invite à penser la paix, non seulement comme un résultat, mais comme un processus social et humain.
Elle nous invite également à élargir la table de négociation.
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Nous devons donc construire la relève.
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- E Mme Catherine Samba-Panza
Ancien Chef d’Etat de la République Centrafricaine


