Retour sur une mission de capitalisation du projet MAINGO dans le Grand Bangui, Bambari et Sibut

image restauration

Entre septembre et octobre 2026, l’équipe de communication du projet d’autonomisation des filles et des femmes Maingo a mené une mission pour valoriser les réalisations du projet à Bangui, Bambari, et Sibut. Cette initiative visait à identifier, documenter et promouvoir les bonnes pratiques issues du projet MAINGO, qui signifie « Développement » en sango.

Ce projet est mis en œuvre en avril 2022, sous la supervision du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale, avec le soutien financier de la Banque mondiale.

La mission comprenait la production d’un documentaire, des entretiens individuels et de groupes, ainsi que des visites sur le terrain, par l’équipe des médias.

Ce travail intensif a également permis des rencontres inspirantes avec divers acteurs, notamment des bénéficiaires qui se sont investis avec passion après avoir reçu des formations dans des espaces surs, des clubs, ainsi que des centres de formation professionnelle pratique et d’alphabétisation (CFPPA).

Malgré les différences contextuelles et les défis rencontrés, le projet a eu un impact positif sur la vie des bénéficiaires.

Pour les experts du projet Maingo, il est crucial d’investir dans la santé, l’éducation et le développement des compétences pour favoriser la croissance tant au niveau national que dans les structures privées. Disposer de bénéficiaires bien formés et en bonne santé est un atout majeur pour le développement socio-économique et la réduction de la pauvreté.

Dans la région du Grand Bangui, notamment à Bangui et Bimbo, les principaux progrès concernent l’attribution de subventions aux associations regroupées en Associations de jeunes pour l’épargne et le crédit (AJEC), ainsi que dans des domaines comme la myciculture, la couture et la santé communautaire.

Les participants aux formations en couture et myciculture sont désormais capables de mettre en pratique les compétences acquises. Cela marque l’aboutissement de plusieurs mois de formation au Centre de formation professionnelle.

Le 10 septembre 2026, l’équipe des médias a visité les sites de culture de champignons et de couture pour évaluer l’évolution des activités. Sur le site dédié à la culture des champignons, les résultats sont prometteurs, et les photographies capturées témoignent des acquis des bénéficiaires.

image champigons

Madame Charline Sana, résidente du quartier Damala dans le 8e arrondissement de Bangui, a exprimé sa satisfaction après cinq mois passés à maîtriser les techniques de culture contrôlée de champignons. Elle souhaite simplement un soutien en semences du projet Maïngo pour assurer la pérennité des acquis.

Installée devant une machine à coudre, Pétula Sélébangue a expliqué que c’est grâce au projet qu’elle a appris à utiliser une machine à coudre, enfilant le fil pour créer un vêtement. Aujourd’hui, elle peut confectionner une robe simple communément appelée « kaba » ou « koro-go », un boubou, ainsi que divers modèles de vêtements. Elle sollicite du projet qu’une machine à coudre lui soit fournie pour établir son propre atelier.

La phase de mise à l’échelle de la composante 1 mis en œuvre par les engagements pris envers les jeunes filles et garçons participant aux activités des espaces sûrs et clubs ont été réalisés. Après les formations suivies et à l’approbation de plans d’affaires, des subventions ont été attribuées le 4 septembre 2026 aux bénéficiaires du secteur Kokoro – Boeing (commune de Bimbo 3) ayant élaboré des plans d’affaires. Cinq plans ont été validés, et les bénéficiaires répartis en sous-groupes d’associations de jeunes pour l’épargne et le crédit (AJEC) ont reçu un montant de 350 250 FCFA via mobile money pour démarrer des activités génératrices de revenus, en attendant la validation d’autres plans.

D’après Géraud Roméo KEDE, responsable du programme inclusion financière au sein du groupement CPADES KODÉ TI KWA, il est prévu de distribuer 800 000 FCFA pour chaque plan d’affaires validé. Pour cette première sous-phase, 150 villages bénéficieront des subventions, et 450 autres seront concernés lors de la phase de mise à l’échelle. Cela représente un total de 600 villages qui profiteront de subventions pour des micro-activités génératrices de revenus.

Les bénéficiaires, des groupements Wali mo londo et Maboko na maboko ont exprimé leur gratitude envers le projet Maïngo, qui a significativement changé leur vie. Les fonds reçus ont permis d’initier un petit commerce notamment la vente de gâteaux et de savons.

Dans la commune de Bimbo 2, le projet Maingo a formé 60 agents de santé communautaires (ASC) qui travaillent avec le centre de santé de Guitangola.

Ces agents jouent un rôle crucial dans la gestion de la santé communautaire. Ils sont chargés de traiter les cas simples de paludisme et de diarrhée, de promouvoir la vaccination, et d’orienter les patients vers des professionnels qualifiés ou des centres de santé.

Les ASC opèrent dans un secteur géographique défini, 29 quartiers, visitent les foyers, conseillent sur la prévention du paludisme, l’utilisation de moustiquaire et le lavage des mains, etc.

Le projet Maïngo a formé ces agents pour qu’un soutien soit toujours disponible aux populations les plus vulnérables.

Le 29 septembre 2026, une visite de presse a été organisée pour mieux comprendre le travail des ASC à Bimbo 2, leurs défis et leurs perspectives.

Sur le terrain, les journalistes ont rencontré Lougry Kolissala, un ASC du secteur de Concorde 2. Il a souligné leur rôle clé en sensibilisation, détection et rapport. Il a noté que grâce à leurs efforts auprès des familles, le nombre de cas de paludisme a diminué, et la sensibilisation des familles a augmenté. Malgré les difficultés, les ASC restent déterminés à continuer leur mission auprès des populations.

Narcisse Lagnassa, assis devant chez lui, a accepté de partager son avis mettant en valeur l’importance des Agents de Santé Communautaire (ASC) dans sa famille et son quartier. Il a regretté le nombre insuffisant d’ASC pour une population de plus de 59 000 habitants. D’après Narcisse, les conseils des ASC ont aidé à prévenir certaines maladies récurrentes comme le paludisme et à encourager le respect des règles d’hygiène.

L’équipe de journalistes a conclu sa visite sur le terrain par un entretien avec le Docteur Donatien Gambo Ngbatouka, médecin-chef du centre de santé de Guitangola. Celui-ci a exprimé sa satisfaction quant au soutien apporté par le projet Maïngo grâce aux agents de santé communautaire (ASC). Selon lui, ces agents servent d’auxiliaires au personnel de santé et représentent également leur communauté au sein du centre de santé de Guitangola. Ils jouent un rôle essentiel en tant que pont entre la population et les professionnels de la santé.

« Sur le terrain, ces agents de santé communautaire ont vraiment œuvré, » a-t-il reconnu.

L’activité des agents de santé communautaires s’inscrit dans la Composante 2 : Accroître l’accès aux systèmes qui améliorent la santé notamment la sous-composante 2.1 axée sur la Santé Communautaire

De Bambari à Sibut

La mission médiatique menée à Bambari, chef-lieu de la préfecture de l’Ouaka, et à Sibut, chef-lieu de la préfecture de la Kémo, s’est déroulée du 30 septembre au 8 octobre 2026.

Malgré les défis rencontrés, les activités prévues dans ces deux villes ont été réalisées comme prévu. Les Centres de Formation Professionnelle Pratique et d’Alphabétisation (CFPPA) sont pleinement opérationnels et offrent des formations diverses aux bénéficiaires identifiés dans le cadre du projet Maingo. Parmi les formations figurent la couture, la mécanique, la maçonnerie, la fabrication de briques, le maraîchage, la production de savons, la restauration, la coiffure et la menuiserie.image mecanique bambari

image menuiserie

Ces centres accueillent de nombreuses jeunes filles déscolarisées ainsi que des garçons désireux d’apprendre un métier. C’est notamment le cas de Chancela Ouambéti, qui a choisi la maçonnerie comme spécialité. Selon elle, ce domaine n’est pas réservé aux hommes : « les femmes aussi ont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ». Esther, une autre bénéficiaire, partage cette conviction après avoir suivi une formation en menuiserie. Chancela et Esther poursuivent leur apprentissage au centre de Sibut.

image couture

Lors de sa visite, l’équipe des médias a eu l’occasion d’explorer un atelier de menuiserie ainsi qu’un champ de piments, accompagnée des formateurs et des bénéficiaires, témoignant ainsi des fruits du projet sur le terrain.

Les chiffres clés et les résultats

Pour la composante 1, 22 920 bénéficiaires de la première phase ont été impliqués, parmi lesquels 15 060 sont des adolescentes et jeunes filles (AJF) et 7 860 sont des adolescents et jeunes hommes (AJH). Ils sont répartis en 1 528 groupes homogènes et ont profité du programme d’inclusion économique, obtenant des financements pour leurs plans d’affaires.

Dans le cadre de la mise en échelle du programme, 51 415 bénéficiaires (dont 33 787 AJF et 17 628 AJH) suivent actuellement des formations en éducation financière dans 3 955 groupes homogènes. Ces formations visent à élaborer et valider leurs plans d’affaires.

Au total, le programme d’inclusion économique bénéficie à 74 335 personnes (48 847 AJF et 25 488 AJH) regroupées dans 5 483 groupes homogènes. 608 Services Communautaires de Garde d’Enfants ont été créés près des espaces sûrs pour prendre en charge les enfants des AJF en formation. Des mères gardiennes ont été engagées pour s’occuper d’eux.

Concernant la sous-composante 2.3, elle inclut la réhabilitation et l’équipement des centres de formation professionnelle et d’alphabétisation. Ces centres forment les jeunes et les soutiennent à la fin de leurs formations pour démarrer des activités génératrices de revenus. Plus de 2 500 jeunes ont déjà été formés et seront équipés d’ici fin octobre 2026. Certains jeunes sont déjà actifs dans leurs communautés. Au total, 9 000 jeunes seront opérationnels à la clôture du projet le 31 décembre 2026.

La pérennisation des acquis, un enjeu crucial

Le 31 décembre 2026, le projet Maingo s’achèvera, après quatre années consacrées à l’autonomisation des filles et des femmes. Les bénéficiaires s’investissent activement dans la pérennisation des résultats obtenus, visant à transmettre ces acquis à d’autres jeunes. L’objectif est de garantir un impact durable en contribuant à l’amélioration du bien-être social.

Le projet de capital humain et d’autonomisation des femmes et des filles « Maïngo » est mis en œuvre par le gouvernement centrafricain avec le soutien de la Banque mondiale . Il s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à répondre aux besoins spécifiques des femmes et des filles dans des zones ciblées du pays, notamment dans le Grand Bangui, Kemo, Ouaka, Nana-Gribizi, Mambere-Kadei, et Ouham-Pendé.

La première richesse d’un pays, c’est sa population car cette dernière contribue énormément à son développement.

Arsène Jonathan MOSSEAVO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut