La gestion durable des forêts et la prévention des zoonoses à l’interface entre l’homme et la faune sauvage constituent des enjeux essentiels pour la santé publique, la protection de la biodiversité et le développement durable en République centrafricaine (RCA).
Dans cette perspective, le ministère de l’Économie forestière, des Ressources fauniques et aquatiques, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a organisé un atelier à Bangui, les 27 et 28 octobre 2026. Cette rencontre a permis d’échanger sur les principaux enjeux de la gestion durable des forêts et de la prévention des zoonoses selon l’approche One Heath (Une seule santé).
La gestion durable des forêts est une priorité nationale. Elle consiste à exploiter et à valoriser les ressources forestières sans compromettre leur capacité de régénération ni les besoins des générations futures.
En République centrafricaine, cette démarche offre une occasion de concilier la protection de l’environnement avec les exigences du développement économique. Elle repose notamment sur l’application de la législation forestière, la lutte contre l’exploitation illégale du bois, la restauration des zones dégradées, la promotion de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et le renforcement de la surveillance des espaces protégés.
L’objectif de cet atelier de deux jours était de sensibiliser les participants au rôle de la gestion durable des forêts dans la prévention des risques zoonotiques, selon l’approche « Une seule santé ». Plus précisément, il visait à : – comprendre les mécanismes d’émergence des zoonoses à l’interface entre l’homme, la faune sauvage et les forêts, et identifier les facteurs de risque liés aux pratiques forestières non durables ; – maîtriser les principes et les piliers de l’approche « Une seule santé » appliqués à la gestion des écosystèmes forestiers ; – sensibiliser les participants à la gestion durable des forêts comme mesure de prévention de l’émergence des maladies zoonotiques ; – cartographier les politiques, stratégies, programmes, plans d’action et cadres réglementaires sectoriels pertinents pour la gestion durable des forêts et la prévention des zoonoses ; – analyser les lacunes, les chevauchements et les possibilités de synergie entre les différents secteurs.
La FAO se félicite de l’engagement constant du gouvernement centrafricain en faveur de la gestion durable des forêts, de la protection de la biodiversité et de la prévention des risques sanitaires émergents. Elle réaffirme sa disponibilité à poursuivre sa collaboration avec l’ensemble des partenaires pour accompagner la mise en œuvre des priorités identifiées.
L’organisation joue un rôle important dans l’accompagnement des pays en matière de gestion durable des ressources naturelles, de conservation de la biodiversité et de renforcement de la résilience des communautés rurales.
En République centrafricaine, son appui contribue à promouvoir des pratiques forestières responsables, à renforcer les capacités des acteurs nationaux et locaux et à encourager des initiatives associant la conservation des écosystèmes au développement économique des populations.
Les communautés locales et les peuples autochtones doivent également occuper une place centrale dans cette démarche. Leurs connaissances traditionnelles, leur expérience du milieu naturel et leur dépendance à l’égard des ressources forestières constituent des atouts importants pour la conservation des écosystèmes.
La mise en place de mécanismes de gestion participative permettrait de renforcer leur implication dans les décisions, tout en favorisant des activités génératrices de revenus compatibles avec la préservation de la nature, telles que l’agroforesterie, la production de produits forestiers non ligneux et certaines formes d’écotourisme.

Achille Mapouka, point focal « Une seule santé » au ministère de l’Economie forestière, a souligné que la protection des forêts devait être considérée non seulement comme un impératif environnemental, mais aussi comme un investissement stratégique en faveur de la santé publique, de la stabilité économique et de la sécurité nationale.
Il a rappelé que l’approche « Une seule santé » reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Elle invite ainsi à dépasser les interventions sectorielles traditionnelles pour promouvoir une action concertée entre les administrations chargées des forêts, de l’environnement, de la santé, de l’élevage, de l’agriculture et de la recherche.
En République centrafricaine, la prévention passe donc par une meilleure compréhension des interactions entre les populations, la faune sauvage et les animaux domestiques, notamment dans les zones forestières, les villages situés en lisière de forêt, les marchés de viande de brousse et les espaces où les activités humaines s’étendent aux habitats naturels.
Cet atelier a été organisé grâce à l’appui financier de la FAO dans le cadre du projet INFORBIO.
Aubin Ndata


