Le Conseil d’administration du Complexe des Aires Protégées du Nord-Est et de son Paysage Fonctionnel (CAPNE-PF) se réunit ce mardi 3 novembre 2026 à Bangui. Il s’agit de la deuxième réunion prévue dans le cadre de l’accord de partenariat public-privé conclu entre le Gouvernement centrafricain et Wildlife Conservation Society (WCS) pour la gestion du Complexe.
Cette rencontre vise à faire le point sur la mise en œuvre des décisions prises lors de la première réunion et à examiner les résultats techniques et financiers de l’exercice 2025-2026.
Les travaux ont été ouverts par la présidente du Conseil d’administration du CAPNE-PF, Jacqueline Madozein, Ils se concluront par deux recommandations fortes relatives à recommandations visant à renforcer la collaboration entre WCS, le Gouvernement et les autorités locales

À l’issue de la réunion, le directeur pays de WCS, Jean-Bernard Yarissem, a présenté aux journalistes les principaux points abordés lors de cette deuxième réunion du conseil d’administration.
Selon lui, les échanges ont porté sur plusieurs objectifs. Le premier consistait à examiner l’état de mise en œuvre des recommandations issues de la première réunion, afin de faire le point sur les actions réalisées et celles restant à accomplir, puis de recueillir les recommandations des administrateurs pour la suite. Il s’agissait également d’examiner les rapports techniques et financiers pour l’année 2025-2026, de vérifier la cohérence entre les dépenses et les activités menées, et d’envisager une augmentation des moyens pour les prochaines activités.
Quelles sont les grandes réalisations et les défis qui restent à relever ?
Comme vous le savez, notre travail dans cette zone consiste essentiellement à restaurer la faune, autrefois florissante, mais qui avait presque entièrement disparu. Nous avons donc été très satisfaits des avancées présentées par la direction du programme. Grâce aux pièges photographiques installés à différents endroits, nous observons la réapparition de certaines espèces que nous pensions totalement disparues de la région. C’est un signe encourageant qui montre que les efforts de conservation portent leurs fruits dans cette partie du parc.
Quelles sont les principales recommandations à l’issue de cette réunion ?
La principale recommandation est de renforcer la collaboration entre les agences officielles et le gouvernement, puisque ce travail est mené pour le compte de l’État. Il s’agit aussi de rassurer les partenaires financiers, notamment l’Union européenne, ainsi que les autres partenaires qui soutiennent les activités sur le terrain. Dans l’ensemble, le travail progresse bien. Nous sommes donc là pour échanger avec les responsables du programme et rendre compte conjointement aux autorités de son déroulement, conformément aux accords.
Quelle est la situation des activités dans le Bamingui après les derniers événements ?
Sans vous le cacher, la situation reste très compliquée pour plusieurs raisons. Il y a d’abord l’intensité du braconnage transfrontalier, mais aussi la transhumance transfrontalière, avec les déplacements de troupeaux. Le bétail ne devrait pas, en lui-même, poser de problème. En revanche, la présence de bergers circulant illégalement avec des armes dans le parc crée de l’insécurité et rend la situation particulièrement délicate. Il est donc nécessaire de dialoguer avec l’ensemble des acteurs présents dans la zone afin de parvenir à une solution équitable et de mettre en œuvre le programme prévu dans les accords.

La présidente du Conseil d’administration, Jacqueline Madozein, s’est félicitée du déroulement des travaux et des avancées enregistrées, avant de souligner deux recommandations cruciales à mettre en œuvre pour faciliter les activités des éco-gardes dans le Complexe des Aires Protégées du Nord-Est.
« La mise en œuvre d’un projet n’est pas toujours aisée. Certains volets progressent facilement, tandis que d’autres stagnent. Sur les six points examinés, deux ont peu évolué, essentiellement pour des raisons administratives. Vous savez que tout ce qui concerne l’armement, dans le contexte de notre pays, reste très sensible. Je pense que le Conseil a pris cette question à cœur.
Les actions vont se poursuivre afin de permettre à l’équipe du Complexe des Aires Protégées de prendre les dispositions nécessaires pour assurer pleinement sa mission de conservation.
Nous restons dans cette logique et avons également formulé une recommandation visant à reprendre les démarches auprès du ministre de l’Économie numérique, des Ressources fauniques et aquatiques, ainsi que du ministre de la Défense, afin de doter le complexe des moyens nécessaires à sa protection. »
La réunion du 3 novembre a réuni les membres du Conseil d’administration, issus notamment du ministère de l’Économie forestière, des Ressources fauniques et aquatiques et de WCS, ainsi que le secrétariat, des personnes-ressources et des observateurs. Parmi les invités figurait un représentant de la Délégation de l’Union européenne en République centrafricaine.
Le Conseil d’administration du CAPNE-PF est un organe d’orientation et de décision. Il guide la direction du CAPNE-PF, examine les documents qui lui sont soumis, évalue l’état général de conservation et formule des recommandations.
Compte rendu : Arsène Jonathan MOSSEAVO


