Le 27 juin 2026, le ministre de la Santé et de la Population, Pierre Somsé, a mené une mission sur le terrain dans les localités de Bokassi et de NDimba, situées au bord du fleuve Oubangui. Ces localités sont gravement touchées par l’épidémie de choléra qui frappe les sous-préfectures de Bimbo et de Mongoumba.

Accompagné par les représentants des agences du système des Nations Unies, le ministre s’est mobilisé dans le cadre de la stratégie gouvernementale de lutte contre cette crise sanitaire sévissant dans plusieurs villages riverains. L’objectif de la mission était d’évaluer l’ampleur des dégâts, d’identifier les causes de la propagation du choléra et d’initier des actions urgentes tout en envisageant des solutions pérennes pour éviter une récurrence.

Lors de sa visite, le ministre a affirmé que cette mission avait permis d’avoir une vision plus claire de la situation tout en mettant en place des premières réponses. Il a qualifié l’action sur le terrain d’ »édifiante », soulignant son aspect exploratoire et opérationnel.
Mesures immédiates à Bokassi

La première étape de l’intervention s’est déroulée à Bokassi, notamment dans les secteurs Fleuve et NDjimba. Sur place, diverses initiatives ont été prises, telles que des séances d’information sur les mesures préventives contre le choléra, des soins apportés aux malades identifiés ainsi que la distribution de médicaments à ces derniers et à leurs proches.
Un point crucial soulevé lors de la visite a concerné l’accès à une eau potable, un défi majeur dans la lutte contre l’épidémie. Les autorités locales ont constaté que deux puits essentiels à la communauté sont inutilisables depuis presque un an, obligeant les habitants à puiser directement dans le fleuve. Le ministre a donc annoncé la réhabilitation imminente de ces infrastructures grâce à l’appui de l’UNICEF.
Afin de répondre aux besoins immédiats, des kits d’hygiène accompagnés de produits pour traiter et stériliser l’eau ont été distribués aux familles. Des démonstrations pratiques sur leur utilisation ont également été organisées dans l’espoir que cette démarche incite les populations à cesser l’usage direct des eaux du fleuve.
En se rendant dans un centre de santé en cours de construction par les habitants eux-mêmes, le ministre a constaté l’absence absolue d’infrastructures médicales dans cette localité. Il s’est engagé à étudier les moyens d’appuyer ce projet afin d’assurer son achèvement et son fonctionnement.
Une pression accrue sur le centre de santé à NDimba
La seconde étape du périple a conduit la délégation à NDimba, où elle a évalué l’impact des interventions déjà entreprises par les équipes sanitaires locales, le Centre des opérations d’urgence en santé publique (COUSP), ainsi que l’UNICEF.
Le ministre a tenu à saluer le travail impressionnant du personnel soignant, en particulier celui de la cheffe du centre de santé de Dimba. Ce poste médical reste actuellement le seul service pour près d’une douzaine de villages situés en amont comme en aval du fleuve.
Parmi ces villages, Okoli s’impose comme l’un des principaux foyers de l’épidémie, enregistrant un nombre significatif de cas. Ce constat appelle à des enquêtes plus poussées et à des interventions rapides pour contrôler la situation.
Lors d’un dialogue avec les communautés locales, la délégation gouvernementale a diffusé un message d’encouragement et exprimé la solidarité du président de la République envers les populations frappées par la crise sanitaire. Un nouvel engagement à les soutenir dans cette épreuve difficile a été réitéré.
Des communautés confrontées à de nombreux défis
Au-delà de l’urgence sanitaire, cette mission a révélé l’ampleur des difficultés auxquelles font face les populations vivant le long de l’Oubangui. Parmi les principales préoccupations évoquées figurent l’accès insuffisant à l’eau potable, le besoin de renforcer le système de santé, le manque d’infrastructures scolaires, ainsi que l’enclavement qui isole ces localités.
Le chef de la communauté de Bokassi a exprimé une vive émotion lors de cette visite ministérielle, une première, historique pour le village depuis sa création. Il s’est dit profondément surpris et ému de voir des autorités locales se déplacer jusqu’ici, et ce malgré le contexte douloureux marqué par une épidémie de choléra. Cette visite représente pour sa communauté un événement presque miraculeux.
Malgré sa gratitude pour cette marque d’attention, il en a profité pour lancer un appel pressant au gouvernement. Il a insisté sur l’urgence de s’intéresser aux nombreuses localités inaccessibles en raison du manque de routes praticables. Dans ces zones reculées, les habitants ne disposent que du transport fluvial ou des motos pour leurs déplacements, les laissant isolés face aux enjeux sanitaires et sociaux.
La mission menée par le ministre Pierre Somsé n’a pas seulement apporté des solutions immédiates pour contrer la crise sanitaire actuelle. Elle a également permis de souligner l’importance d’opérer des investissements à long terme pour améliorer les services essentiels comme la santé, l’approvisionnement en eau potable et les infrastructures de base.
De tels efforts permettraient non seulement de faciliter la vie quotidienne des communautés locales, mais aussi de mieux les protéger contre les épidémies futures.
Terence Gavenne

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