Le gouvernement centrafricain s’engage à renforcer le contrôle et la sécurisation du secteur minier. Dans ce cadre, le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam-Beltoungou, a lancé officiellement ce vendredi 28 aout 2026 à Mboko, dans le 9ᵉ arrondissement de Bangui, la construction de la future base de la Police des Mines. Ce projet est présenté comme un pilier de la modernisation du secteur minier en République centrafricaine.

La cérémonie a vu la participation de nombreux membres du gouvernement, notamment le ministre de la Défense, Claude Rameaux Bireau, le ministre d’Etat chargé des Travaux publics, Arthur Bertrand Piri, le ministre de l’Urbanisme, Hassan Bouba Ali, et le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Bienvenu Zokoué. Des représentants locaux et des habitants de Landjia-Mboko étaient également présents.
Une infrastructure de 45 hectares
Le projet s’étend sur un terrain de 45 hectares, acquis par le ministère des Mines et de la Géologie. L’espace accueillera la future base de la Police des Mines et hébergera aussi la nouvelle École nationale des Mines et de la Géologie. La base disposera de bâtiments administratifs, de salles de cours et formation, d’un champ de tir, de pistes d’entraînement automobile, d’installations pour l’instruction opérationnelle et d’un terrain de sport. Ces infrastructures visent à offrir un cadre propice aux agents pour favoriser leurs missions et améliorer leurs capacités opérationnelles.
Mener une lutte plus efficace contre la fraude minière

Dans son discours, le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam Beltoungou a souligné que la création de la Police des Mines fait partie d’une transformation du dispositif national pour combattre la fraude et la contrebande minières. Évoluant d’une brigade minière à une unité spéciale anti-fraude puis à l’actuelle Police des Mines, l’État vise à adapter progressivement sa structure aux réalités du secteur. Rufin Benam-Beltoungou a précisé que l’objectif est double : protéger efficacement les ressources minières nationales et accroître les revenus générés par leur exploitation.
« Nous ne posons pas qu’une première pierre. C’est l’établissement d’une institution qui contribuera durablement à protéger le patrimoine minier national ».
Un projet soutenu par plusieurs ministères
La création de cette base implique plusieurs ministères au-delà de celui des Mines et de la Géologie. Le ministère de l’Énergie doit contribuer à l’extension du réseau électrique et à l’approvisionnement en eau. Le département de l’Environnement interviendra pour les questions environnementales et les formalités nécessaires aux opérations du projet. Quant au ministère des Travaux publics, il est chargé d’étudier la construction d’un pont reliant Landjia à Mboko, une infrastructure cruciale pour améliorer l’accès à la zone. Les ministères de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que celui de l’Urbanisme participeront à divers aspects tels que les autorisations, la sécurité, les permis de construire et la régularisation foncière.
Les espoirs des populations locales reposent sur ce projet
Dans son discours d’accueil, madame le maire du 9ᵉ arrondissement, Frankie Waradagui Yilingou, a salué l’engagement du gouvernement à Mboko en exprimant les attentes des résidents locaux. Elle a insisté sur l’importance de privilégier la formation, l’encadrement et l’emploi local tout en assurant une exploitation respectueuse des ressources qui préserve les populations et l’environnement. En s’adressant aux jeunes de l’arrondissement, elle a incité à leur implication dans les travaux prévus sur le site.
Cette dimension locale est cruciale pour le projet alors que les autorités souhaitent que cette future base soit non seulement un centre opérationnel mais aussi un espace dédié à la formation et au développement des compétences.
Vers une nouvelle étape pour le secteur minier centrafricain
En plus de construire un ensemble d’infrastructures, le Gouvernement met en avant la future base de la Police des Mines comme un moyen de renforcer l’autorité de l’État sur les activités minières. Cette nouvelle infrastructure vise à améliorer le contrôle de l’exploitation et la circulation des substances minérales, à combattre les réseaux de fraude et de contrebande, et à perfectionner davantage les compétences des agents chargés de la surveillance du secteur.
Lors du lancement officiel des travaux, le ministre des Mines et de la Géologie a exprimé le souhait que le projet soit réalisé dans les délais prévus et selon les normes de qualité et de sécurité appropriées.
À Mboko, la pose de cette première pierre marque ainsi le commencement d’un projet destiné à accompagner la transformation du secteur minier centrafricain et à renforcer la protection d’un patrimoine considéré comme stratégique pour l’avenir économique du pays.
Térence GAVENNE
