L’observatoire National de la Parité entre les hommes et les femmes (ONP) a mené une campagne de sensibilisation pour promouvoir l’égalité entre les sexes ainsi que lutter contre les stéréotypes de genre dans les villes de Bambari, Bossangoa et Dékoa durant le mois de juillet 2026.
« L’objectif global de cette campagne est de sensibiliser et d’accroître la représentation des femmes et des jeunes, tant dans les secteurs d’emploi que dans les instances décisionnelles, en lien avec notre mission de promouvoir et de suivre l’évaluation de l’équité dans les différentes institutions de la République Centrafricaine », a précisé Mme Rita FEIKERE, la coordonnatrice de l’ONP.

Ces déséquilibres empêchent les femmes, qui constituent plus de la moitié de la population, soit 51 %, d’assumer pleinement leur rôle dans le développement et la croissance du pays.
D’après l’ONP, au sein de l’administration publique en Centrafrique, les inégalités de genre s’accentuent, avec seulement 32 % de femmes fonctionnaires.
Les campagnes de sensibilisation qui se sont déroulées dans les trois villes mentionnées ont permis à l’équipe de l’ONP, déployée sur le terrain , d’informer les autorités administratives, les chefs religieux, les représentants des jeunes, des femmes, les associations de commerçants et les radios communautaires sur la mission de l’ONP (son organisation et son fonctionnement), les réglementations juridiques internationales et les lois relatives aux droits des femmes, en s’adressant au grand public et plus particulièrement aux femmes, et de dialoguer avec les médias pour encourager une couverture médiatique juste et inclusive des problématiques liées à l’égalité des sexes, tout en sensibilisant les agents publics, les organisations de la société civile, les associations de femmes et les médias sur les enjeux de l’égalité des sexes et les défis liés à l’application de la législation sur la parité.

À Dékoa, en prenant en compte le contexte local, Aline Gisèle PANA, membre de l’ONP, a incité fortement la communauté à soutenir les jeunes filles dans leur éducation, afin d’atteindre les objectifs établis par l’État dans la législation concernant la parité.
Concernant la perception des femmes, elle a souligné que la problématique de la parité n’implique pas que les femmes cherchent à dominer les hommes.
« Ici, l’équité ne signifie pas manquer de respect envers la gent masculine. Le respect doit être réciproque. Les hommes doivent respecter les femmes, tout comme celles-ci doivent respecter les hommes au sein du foyer. Il s’agit de permettre aux femmes d’accéder à l’émancipation, à l’autonomisation et à la possibilité de développement. Nous aspirons, à travers l’égalité, à une question d’équilibre numérique et non à une démonstration de force physique », a conclu Aline Gisèle PANA.
Au-delà des considérations légales, la dimension culturelle a également été abordée dans les discussions.
D’après plusieurs figures importantes de Dekoa, les associations de protection des droits humains doivent obligatoirement établir une distinction nette entre la mise en œuvre de la parité et le respect des traditions anciennes. C’est une condition essentielle, selon eux, pour préserver l’intégrité des coutumes centrafricaines.
Les échanges avec les participants ont été fructueux. Certains ont mis en avant les obstacles à la mise en œuvre de la loi sur la parité. Ces défis incluent notamment le niveau d’éducation des femmes, les mariages précoces et la mentalité des femmes concernant leur perception de la législation sur la parité.
Les activités à Bossangoa et à Bambari ont été supervisées respectivement par la coordonnatrice de l’ONP, Mme Rita FEIKERE et le coordonnateur adjoint, Hubert BINDJADE.
Dans l’ensemble, des recommandations communes ont été formulées, parmi lesquelles l’identification des besoins en formation pour les agents publics et privés, et des sessions de formation adaptées seront mises en place pour diminuer les agressions sexistes ; il a aussi été recommandé de renforcer les relations durables avec les radios communautaires et d’autres organisations.
Cette campagne a été organisée par l’Observatoire National de la Parité entre les hommes et les femmes avec l’appui financier de la Banque mondiale à travers le projet de capital humain pour l’autonomisation des filles et des femmes, MAÏNGO.
Arsène Jonathan MOSSEAVO

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