Le Gouverneur de la Région des Plateaux, Joseph Dokombo, représentant le Ministre de la Santé et de la Population, a inauguré officiellement les Journées Locales de Vaccination (JLV) ce mercredi 22 juillet 2026 pour la lutte contre la poliomyélite.
La cérémonie s’est tenue à Djabarona, près de Bouboui, à environ 45 km au nord de Bangui, dans la sous-préfecture de Boali. Cette campagne intégrée, soutenue par le Ministère de la Santé et ses partenaires tels que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF, Gavi, l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP), et divers partenaires techniques et financiers, combine vaccination contre la poliomyélite, supplémentation en vitamine A, déparasitage à l’Albendazole, détection des cas de paralysie flasque aiguë, identification des maladies tropicales négligées, ainsi que sensibilisation et surveillance face à Ebola et au choléra.
Ciblage de plus de 1,8 million d’enfants dans 25 districts sanitaires
Les activités se dérouleront du 23 au 26 juillet 2026 dans 25 districts sanitaires répartis dans les régions des Plateaux, de l’Équateur, de la Yadé, de Fertit et du Bas-Oubangui.
En tout, 1 831 392 enfants âgés de 0 à 59 mois recevront gratuitement le vaccin oral contre la poliomyélite.

La campagne vise aussi à fournir de la vitamine A à environ 1,6 million d’enfants pour renforcer leur immunité et prévenir les carences nutritionnelles, tandis que plus de 1,4 million d’enfants âgés de 12 à 59 mois bénéficieront de déparasitage à l’Albendazole pour lutter contre les parasitoses intestinales et améliorer leur état nutritionnel.
Une initiative stratégique dans un contexte épidémiologique préoccupant
Dr Sylvain Djimrangar Ngardouel, chargé de vaccination et représentant personnel du Représentant pays de l’UNICEF en République centrafricaine, a transmis le message des partenaires de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Il a salué l’engagement constant du Gouvernement centrafricain dans la lutte contre les maladies évitables par vaccination et souligné que la poliomyélite est toujours une maladie grave et évitable grâce au vaccin.
Il a précisé que cette campagne se déroule dans un contexte régional où circulent des variants du poliovirus dans le bassin du lac Tchad, qui inclut le Cameroun, le Niger, le Nigéria, le Tchad et la République centrafricaine.
En République centrafricaine, quatre cas de poliovirus dérivés d’une souche vaccinale type 2 (cVDPV2) ont été confirmés en juin 2026 chez des populations nomades dans les districts sanitaires de Bossembélé et Boda. Parmi ces enfants, deux n’avaient jamais été vaccinés contre la poliomyélite. Cette situation met en lumière que les populations nomades et celles vivant près des sites miniers ou dans les zones difficiles d’accès ne bénéficient pas suffisamment de services de vaccination.
« La menace est réelle et seule une couverture vaccinale élevée, homogène et soutenue peut protéger durablement les communautés et interrompre la transmission du poliovirus », a déclaré Dr Sylvain Djimrangar Ngardouel. Il a rappelé que cette campagne va au-delà de la vaccination en montrant la détermination collective du Gouvernement et de ses partenaires à atteindre chaque enfant sans exception et à renforcer la résilience des communautés face aux principales menaces sanitaires.
Le Gouvernement réaffirme son engagement en faveur de la santé des enfants
Le Gouverneur des Plateaux a souligné que cette campagne représente une étape cruciale pour atteindre les objectifs du Programme pour la vaccination à l’horizon 2030 et contribuer à l’éradication mondiale de la poliomyélite. Cette approche intégrée démontre la volonté des autorités d’améliorer durablement la santé et le bien-être des enfants en rapprochant les services essentiels des populations.
En plus des interventions vaccinales, les équipes de santé se concentreront sur la recherche active des cas de paralysie flasque aiguë, essentielle pour maintenir une surveillance efficace contre la poliomyélite, ainsi que sur l’identification des maladies tropicales négligées et le renforcement de la surveillance des cas de choléra dans les districts sanitaires concernés.
Pourquoi avoir choisi Djabarona ?
Le choix du village de Djabarona, situé dans la région de Bouboui, pour accueillir le lancement officiel n’est pas un hasard. Le Gouverneur a expliqué que cette localité héberge un nombre considérable de personnes récemment revenues après plusieurs années d’absence et qu’elle fait face à des limitations en matière d’accès aux services de santé de base.
Les données du Programme élargi de vaccination révèlent également un nombre significatif d’enfants « zéro dose » à Djabarona, c’est-à-dire n’ayant reçu aucune vaccination depuis leur naissance. Par cette décision, le Gouvernement vise à mettre l’équité au centre de ses efforts en santé publique, en priorisant les populations les plus vulnérables et en réduisant les disparités dans l’accès aux services essentiels.
Appel à la mobilisation
Les autorités sanitaires ont exhorté les parents, tuteurs et gardiens à faire vacciner tous les enfants de moins de cinq ans durant les quatre jours de la campagne. Le Gouverneur a aussi sollicité l’engagement des chefs de villages, chefs de quartiers, élus locaux, leaders religieux et communautaires, ainsi que des femmes, des jeunes, des relais communautaires et des agents de santé, pour renforcer les activités de sensibilisation et faire en sorte qu’aucun enfant ne soit oublié. Il a souligné que toutes les interventions proposées lors de cette campagne sont entièrement gratuites.
Térence Gavenne

Poster un Commentaire