Le 30 septembre 2026, des anciens joueurs de l’équipe nationale de la République centrafricaine, les Fauves du Bas-Oubangui, ont organisé une manifestation au complexe sportif Barthélemy Boganda à Bangui, suite aux défaites de l’équipe lors des deux matchs au Maroc. Lors de cet événement, ils ont réclamé la démission du président de la Fédération centrafricaine de Football (FCF), Célestin Yanindji, et du sélectionneur Eloge Enza Yamissi.
Célestin Yanindji, dans un entretien avec notre journaliste, a déclaré que « le football se construit » et a souligné que ce groupe d’anciens joueurs, formé en syndicat, n’a pas la légitimité pour demander le départ d’un membre du comité exécutif de la FCF.
Entretien réalisé par Térence Gavenne
Le syndicat dit « des anciens joueurs centrafricains » a récemment manifesté pour demander votre démission ainsi que celle du sélectionneur national, Éloge Enza Yamissi, après les deux derniers matchs des Fauves lors des éliminatoires de la CAN 2027. Quelle est votre réaction face à cette protestation ?
Pour être franc, en tant que président de la fédération, je n’ai pas connaissance d’un tel « syndicat ». Il existe un syndicat affilié à la fédération pour la défense des intérêts des joueurs, mais le groupe auquel vous faites référence me surprend. Je pense qu’ils ne sont pas en position de demander la démission d’un président de la fédération. Nous avons des règles et des statuts qu’ils semblent ignorer. Ces quelques individus qui s’agitent sur les réseaux sociaux semblent servir d’autres intérêts, et il est important que le public en soit conscient.
À qui faites-vous allusion précisément ?
Je parle bien sûr de personnes comme Niyo et autres. Par exemple, Monsieur Dopékoulignan vit chez un certain Apôtre, avec l’intention évidente de prendre la présidence de la fédération à l’avenir. Leurs actions vont à l’encontre des intérêts du football centrafricain, et je développerai cela en temps voulu. Bien qu’ils aient été d’anciens joueurs, ils ne sont pas les mieux placés pour ce type de contestation.
Pensez-vous qu’ils ne se préoccupent pas réellement du football, surtout que leurs critiques se concentrent sur votre engagement à qualifier coûte que coûte la RCA pour la prochaine CAN ?
Je suis moi-même inquiet, tout comme le public sportif centrafricain. Mais nous travaillons dur. Il est vrai que nous n’avons pas encore qualifié l’équipe pour la CAN, mais construire une équipe demande du temps. Nous avons pris des mesures pour développer le football centrafricain : plus de cinq cents entraîneurs formés, des mini-académies émergent dans tout le pays, et la première promotion accueille déjà quarante jeunes talents qui participeront bientôt à un tournoi mondial en Azerbaïdjan. Nous avons déjà participé à cinq compétitions continentales, ce qui est inédit avant ma présidence.
Vous avez raison, la République centrafricaine s’est qualifiée pour plusieurs compétitions de jeunes et le CHAN. Le peuple espère désormais une qualification pour la CAN senior. La RCA peut-elle réaliser ce rêve avec les quatre matchs restants ?
Tout est possible dans le football. Avec le soutien du ministère de la Jeunesse et des Sports et sous l’autorité du président de la République, nous avons renforcé l’équipe nationale. Nos performances récentes, notamment contre le Burkina Faso, montrent que nous avons le potentiel. La maladresse devant le but a coûté cher, mais rien n’est encore joué.
À propos des débats sur le sélectionneur Éloge Enza Enza Yamissi après le match contre la Mauritanie, comment répondez-vous aux critiques concernant sa prestation ?
Le travail d’un entraîneur se juge à ses résultats. Certains peuvent dire que son bilan est défavorable. Nous avons changé plusieurs fois d’entraîneur dans le passé. Une réflexion est nécessaire : faut-il continuer à changer régulièrement ou travailler sur le long terme avec un entraîneur ? Cette question sera abordée en temps voulu. Pour l’instant, il n’est pas judicieux de céder à certaines manipulations.
Sont-ils vraiment manipulés selon vous ?
Oui, ils sont manipulés.
Un dernier mot pour les passionnés de football ?
Il s’agit de manipulation, clairement. Je suis entièrement dédié à pousser la RCA vers une qualification en phase finale de la CAN. Depuis l’indépendance, 14 présidents m’ont précédé et j’ai amené le pays sur la scène continentale cinq fois en six ans. Ce n’est pas négligeable. Un peu de respect pour ce bilan s’impose alors que nous continuons à former les jeunes talents qui représentent l’avenir de notre football.


