Le jeudi 1er octobre 2026, le Ministre des Finances et du Budget Hervé NDOBA a ouvert la deuxième édition des Bangui Financial Days, organisée conjointement avec les journées du banquier de la CEMAC. Ce double évènement est placé sous le patronage du Président de la République, Faustin-Archange Touadéra.
Cette session vise à renforcer le financement des entreprises et à accélérer la transformation structurale de l’économie de la République Centrafricaine.

Cet événement de haut niveau régional a rassemblé des décideurs bancaires, des gouverneurs de banques centrales, des régulateurs, des entrepreneurs, des acteurs de la fintech et des partenaires institutionnels pour discuter et élaborer des stratégies visant à promouvoir une finance productive, inclusive et souveraine pour la zone CEMAC.
Le thème retenu cette année est : « Les institutions financières de la CEMAC face aux incertitudes économiques et aux innovations technologiques : renforcer le financement des entreprises et accélérer la transformation structurelle de nos économies ».
L’essentiel des discours
Le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a ouvert les travaux par un discours soulignant l’importance stratégique du secteur financier pour moderniser les économies de la CEMAC. Il a rappelé les réussites de la première édition, telles que la création d’un livre blanc stratégique et a encouragé les institutions financières à intensifier leur rôle dans le financement des petites et moyennes entreprises, en mobilisant l’épargne locale et en favorisant l’investissement productif. Il a également mis en lumière les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, les fintechs et les paiements numériques, tout en notant l’importance de respecter les normes de sécurité et de régulation associées.
Le ministre Hervé Ndoba a rappelé l’objectif de la BEAC d’accroître le taux d’inclusion financière régionale de 32 % en 2021 à 75 % en 2032, appelant à des mécanismes de financement plus accessibles, innovants et inclusifs.
Félix Landry Njoume, président de l’Association professionnelle des établissements de crédit de Centrafrique (APECCA), a salué une mobilisation croissante des acteurs économiques et financiers, tout en notant que les Bangui Financial Days deviennent peu à peu un rendez-vous incontournable. Toutefois, il a souligné que cette multiplication d’initiatives doit impérativement se traduire par des impacts concrets sur l’économie réelle. Il a mentionné plusieurs progrès depuis la première édition, comme l’établissement d’une nouvelle institution de financement, l’opérationnalisation du Fonds national de garantie avec l’aide de la Banque mondiale, et l’essor des transactions numériques.
Le président de l’APECCA a appelé à transformer ces avancées en investissements, en entreprises productives et en emplois. Trois axes principaux ont été identifiés pour accompagner cette transformation : renforcer la confiance dans l’environnement des affaires, améliorer l’accès des PME au financement et accélérer la transition numérique. Il a également plaidé pour une mobilisation accrue des capitaux et une structuration plus efficace des projets afin d’améliorer l’attractivité économique de la République centrafricaine.
Enjeux et opportunités
Face à un environnement global marqué par la volatilité, un financement restreint et une accélération technologique, les Bangui Financial Days 2026 posent une question cruciale : comment faire de la finance un moteur clé d’émergence économique et de transformation structurale en Afrique centrale ?
Cette nouvelle édition poursuit les discussions entamées en 2025 avec une ambition renouvelée : orienter davantage d’épargne, de crédit et d’investissement vers l’économie réelle. Le défi est posé : mobiliser les ressources locales, renforcer le financement des entreprises, soutenir les PME et concevoir des mécanismes de partage du risque plus efficaces.
À Bangui, l’objectif est de reconfigurer la logique financière de la CEMAC, passant d’une approche conservatrice à une approche axée sur la production. Cela implique des institutions plus robustes, des marchés dynamiques, une régulation adaptée et une meilleure intégration des innovations technologiques pour soutenir l’inclusion financière, l’investissement productif et la diversification économique. La deuxième édition de Bangui Financial Days propose un programme d’échanges enrichissant animé par des experts chevronnés.
Les discussions porteront particulièrement sur la mobilisation de l’épargne, le renforcement du crédit, l’investissement productif et le soutien durable aux entreprises. Une attention particulière sera accordée aux PME, essentielles pour l’activité économique et la création d’emplois dans la sous-région.
L’objectif est également de rapprocher les banques, investisseurs, fonds d’investissement, mécanismes de garantie et marché régional des capitaux. Cette dynamique aspire à convertir les ressources financières disponibles en capitaux capables de soutenir les infrastructures, l’agro-industrie et les différentes chaînes de valeur. Le numérique jouera également un rôle majeur dans cette réflexion sur la modernisation du système financier de la CEMAC.
La vision partagée à Bangui consiste à faire évoluer la finance régionale vers une orientation plus axée sur la production et l’investissement. Cette transformation requiert des institutions financières solides, des marchés dynamiques, une régulation appropriée et une meilleure intégration des innovations technologiques.
Bangui Financial Days 2026 offrent donc une plateforme de dialogue entre régulateurs, banques, investisseurs, entrepreneurs, fintechs et divers acteurs de l’économie réelle.
Les travaux se déroulent du 1er au 3 octobre 2026



