Le sommet Afrique-France, baptisé Africa Forward, s’est tenu à Nairobi, capitale kényane, les 11 et 12 mai 2026. Organisé à l’initiative de la France en partenariat avec le Kenya, cet événement ne se veut pas uniquement un espace d’échanges et de témoignages. C’est surtout une plateforme d’envergure visant à renforcer et à optimiser les partenariats entre la France et plusieurs États africains qui misent encore sur le soutien de la France pour impulser leur émergence.

Diverses thématiques ont été abordées, lors des ateliers et des conférences dédiés réunissant investisseurs, chefs d’entreprise, jeunes, artistes, société civile, diaspora ainsi que des Chefs d’Etat et de gouvernement.
Le choix de Nairobi, capitale d’un pays anglophone, ne manque pas de susciter intérêt et débat. Pourquoi la France a-t-elle opté pour le Kenya comme lieu de ce sommet ? C’est probablement la question centrale que se poseraient de nombreux analystes politiques.
Selon les organisateurs d’Africa Forward, ce sommet représente une avancée significative dans les relations entre la France et le continent africain, près de dix ans après l’important discours prononcé par le président français Emmanuel Macron à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 26 novembre 2017.
Africa Forward se positionne comme une plateforme visant à illustrer l’engagement conjoint de la France, du Kenya et des pays africains pour renforcer les investissements mutuels et élaborer des solutions concrètes face aux défis globaux.
Ces enjeux incluent, entre autres, le renforcement des systèmes de santé, la souveraineté alimentaire, l’amélioration de la compétitivité dans le domaine numérique, ainsi que l’accès à l’énergie et à une meilleure connectivité.
Plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains se sont réunis à Nairobi aux côtés de leurs homologues Emmanuel Macron et William Ruto, président du Kenya. Parmi eux, on compte Faustin-Archange Touadéra (République centrafricaine), Mahamat Idriss Déby Itno (Tchad), Alassane Dramane Ouattara (Côte d’Ivoire) et Bassirou Diomaye Faye (Sénégal).
La République centrafricaine et les défis d’Africa Forward
La République centrafricaine, en particulier, est invitée à tirer parti des opportunités offertes par ce sommet pour entamer la transformation promise par le président Faustin-Archange Touadéra lors de son discours d’investiture à Bangui le 30 mars 2026.
À travers son document stratégique de développement, le Plan National de Développement de la République centrafricaine 2024-2028 (PND RCA), Africa Forward pourrait constituer un point de référence essentiel pour permettre au pays de s’engager dans des initiatives d’innovation concrètes et ambitieuses, visant à impulser une croissance économique encore très faible.
En dépit des campagnes de désinformation visant la France sur les réseaux sociaux à Bangui et dans certains médias locaux, les autorités centrafricaines et françaises maintiennent des relations diplomatiques solides. Ces relations s’appuient sur la feuille de route établie le 17 avril 2024, qui vise à instaurer un « partenariat constructif » et à revitaliser la coopération entre la France et la République centrafricaine. Cette initiative a été formalisée lors d’une rencontre à l’Élysée entre Emmanuel Macron et Faustin-Archange Touadéra.
De nombreux projets sont actuellement mis en œuvre par la France via ses agences spécialisées, notamment l’Agence Française de Développement (AFD) et Expertise France. Ces projets couvrent des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, l’énergie, la justice et les droits humains, traduisant une dynamique positive dans leur partenariat.
La participation du président Touadéra au sommet Africa Forward à Nairobi illustre une volonté claire de renforcer les engagements pris dans le cadre de cette feuille de route d’avril 2024.
À Nairobi, le 12 mai, Faustin Archange Touadéra a pris la parole lors de la session plénière axée sur les questions de paix et de sécurité dans le cadre du sommet Africa Forward 2026. Les discussions ont porté principalement sur la stabilité du continent, le renforcement de la coopération entre les États africains, les défis en matière de sécurité, la promotion d’un dialogue politique et les efforts pour bâtir une paix durable au bénéfice des populations africaines.
Une prise de parole suivie avec attention dans un contexte où les questions de sécurité restent au centre des priorités du continent.
Africa Forward et la diaspora centrafricaine : le cas de Kate Kallot
Kate Kallot, originaire de Centrafrique, a grandi en France et acquis une expérience professionnelle à l’international au sein d’entreprises spécialisées en intelligence artificielle. Aujourd’hui, elle est reconnue comme experte et entrepreneure dans ce domaine.
Elle est la fondatrice et Directrice Générale d’Amini, une entreprise basée à Nairobi. Lors de l’ouverture de cet événement, où elle participait en tant que membre d’un panel, Kate Kallot a pris la parole en anglais devant les présidents Emmanuel Macron et William Ruto. Elle a affirmé : « Si nous revenons en Afrique, ce n’est pas parce que nous avons échoué là-bas, mais parce que nous avons identifié un manque qu’il est nécessaire de combler. »
23 milliards d’euros pour appuyer des projets d’investissement en Afrique
Lors du sommet Africa Forward, l’un des moments marquants a été l’annonce d’Emmanuel Macron concernant une enveloppe de 23 milliards d’euros, soit plus de 15 000 milliards de FCFA, dédiée à l’investissement en Afrique. Ce partenariat, désormais qualifié de « gagnant-gagnant« , vise à accompagner les pays africains désireux de se développer dans divers secteurs clés tels que l’énergie, le numérique, l’intelligence artificielle ou encore l’agriculture.
Arsène Jonathan Mosseavo
Crédits photos: Evodie Senekping

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