Alors que l’épidémie du virus Ebola demeure une source de préoccupations majeures en Afrique centrale, le ministère de la Santé et de la Population a organisé, ce lundi 25 mai 2026 à Bangui, une session de formation et d’information destinée aux journalistes centrafricains. Organisée avec le soutien de l’UNICEF et d’autres partenaires, cette initiative a pour objectif de renforcer le rôle des médias dans la sensibilisation de la population aux risques liés à une éventuelle introduction de la maladie en République centrafricaine.
Cette rencontre se déroule dans un contexte régional préoccupant, marqué par la réapparition de l’épidémie d’Ebola de type Bundibugyo dans la province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo (RDC). Les zones les plus touchées incluent Rwampara, Mongbwalu et Bunia, avec une propagation signalée également en Ouganda.
Les données sanitaires régionales sont alarmantes :
- 1 010 cas suspectés ont été répertoriés.
- 106 cas ont été confirmés en laboratoire.
- 231 décès sont à déplorer parmi les cas suspectés et confirmés.
- 904 cas sont actuellement en cours d’investigation.
- 1 603 contacts étroits font l’objet d’un suivi rigoureux.
Le taux de létalité apparent des premiers cas oscille entre 25 et 30 %. Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé cette flambée comme une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai 2026. La République centrafricaine, qui partage plus de 1 000 kilomètres de frontière avec la RDC, est considérée comme un pays à risque de niveau 1, bien qu’aucun cas suspect ou confirmé n’y ait pour le moment été détecté.
Les médias appelés à jouer un rôle essentiel
Lors de cette session, le Directeur des Soins de Santé Primaires, le Docteur Parfait Constant Seboulo, a souligné l’importance cruciale de l’engagement des professionnels des médias dans la prévention contre le virus Ebola. Il a rappelé que les journalistes jouent un rôle fondamental en tant qu’intermédiaires pour diffuser des informations fiables, lutter contre les fausses rumeurs et promouvoir les comportements préventifs au sein des communautés.
« Nous souhaitons mobiliser l’ensemble des acteurs médiatiques afin d’appuyer les efforts du ministère de la Santé dans la sensibilisation de la population et ainsi prévenir l’apparition de la maladie à virus Ebola », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, le Dr Seboulo a tenu à apaiser les craintes, en précisant qu’aucun cas, suspect ou confirmé, n’a été détecté en République centrafricaine à ce jour. Il a assuré : « À l’heure actuelle, notre pays est toujours épargné par la maladie à virus Ebola ».
Un dispositif de surveillance intensifié aux frontières
Afin de limiter toute importation du virus, le gouvernement centrafricain a considérablement renforcé les mesures de contrôle sanitaire aux frontières. Ces efforts se concentrent notamment sur l’Aéroport International Bangui M’Poko, ainsi que sur les points d’entrée terrestres et fluviaux reliant la République centrafricaine à la RDC.
Les districts sanitaires jugés prioritaires sont désormais soumis à une surveillance accrue et rigoureuse :
- Obo
- Bangassou
- Ouango-Gambo
- Kémo
- Bangui
- Mbaïki
Dans le même temps, les autorités sanitaires s’emploient à renforcer plusieurs aspects critiques, notamment les systèmes de surveillance épidémiologique, les capacités des laboratoires, les dispositifs de prélèvement, le transport sécurisé des échantillons, ainsi que la communication de proximité au sein des communautés.
Cependant, le Dr Parfait Constant Seboulo a souligné que la porosité de certaines frontières non officielles demeure l’un des principaux défis à relever dans la lutte contre cette maladie hautement contagieuse.
Comprendre la maladie à virus Ebola
La maladie à virus Ebola de Bundibugyo, autrefois appelée fièvre hémorragique Ebola, est une affection grave et souvent mortelle qui affecte les humains ainsi que certains primates. Le virus se propage initialement à l’être humain par contact avec des animaux sauvages infectés, notamment les chauves-souris frugivores et les primates.
Par la suite, la transmission entre personnes s’effectue par contact direct avec :
- Le sang ;
- Les sécrétions corporelles et fluides biologiques ;
- Les organes de personnes infectées ou décédées ;
- Des objets contaminés tels que les vêtements et la literie.
À ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique homologué pour éradiquer le virus Ebola Bundibugyo. Cependant, certains médicaments expérimentaux peuvent aider à traiter les symptômes et augmenter les chances de survie.
Personnes à haut risque et symptômes à surveiller
Le ministère de la Santé souligne que les groupes les plus exposés et vulnérables face à l’infection sont :
- Le personnel médical et les aidants ;
- Les membres de la famille des personnes infectées ;
- Les équipes de laboratoire et d’intervention sur le terrain ;
- Les participants aux rites et cérémonies funéraires ;
- Les personnes manipulant des carcasses d’animaux sauvages.
Signes caractéristiques de la maladie
La période d’incubation du virus varie de 2 à 21 jours. Il est important de noter qu’une personne infectée n’est pas contagieuse tant qu’elle ne manifeste pas de symptômes.
Dès l’apparition de la maladie, les principaux symptômes incluent :
- Une forte fièvre élevée et soudaine ;
- Des douleurs abdominales et maux de gorge ;
- Des vomissements, des nausées et des diarrhées ;
- Une extrême fatigue prononcée accompagnant une perte d’appétit ;
- Et, dans certains cas, des saignements.
Article rédigé par Terence Gavenne

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