APPEL DE BOALI : UN PACTE D’ACTION, DE FINANCEMENT ET DE REDEVABILITÉ POUR L’ÉGALITÉ, LA PROTECTION ET L’INCLUSION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

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APPEL DE BOALI

UN PACTE D’ACTION, DE FINANCEMENT ET DE REDEVABILITÉ POUR L’ÉGALITÉ, LA PROTECTION ET L’INCLUSION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

GOUVERNEMENT • INSTITUTIONS PUBLIQUES • PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS • ONG INTERNATIONALES ET NATIONALES • SOCIÉTÉ CIVILE • SECTEUR PRIVÉ

Boali, République centrafricaine | 28 août 2026 | Agenda commun 2026–2028

Nous, représentants du Gouvernement de la République centrafricaine, des institutions publiques, du Système des Nations Unies, des partenaires techniques et financiers, des organisations non gouvernementales internationales et nationales, des organisations de femmes et du secteur privé, réunis à Boali du 26 au 28 août 2026, adoptons la présente Déclaration comme cadre commun d’engagement pour la période 2026–2028.

NOTRE CONVICTION COMMUNE

L’égalité entre les femmes et les hommes, l’autonomisation des femmes et des filles, la protection de la famille et de l’enfant et la participation effective des femmes et des jeunes sont des conditions essentielles de la paix, de la cohésion sociale, du relèvement et du développement durable.

Face aux violences basées sur le genre, aux inégalités économiques et sociales, aux discriminations à l’égard des femmes et filles, aux obstacles à la justice et à l’exercice des libertés, aux vulnérabilités qui affectent les enfants et aux écarts d’accès aux services essentiels, aucune institution ne peut agir seule.

Nous reconnaissons les acquis déjà obtenus et l’engagement/la volonté commune des différents acteurs à consolider ces acquis et poursuivre les efforts pour la pleine réalisation du potentiel de tout (e) centrafricain (e). Nous constatons toutefois que la fragmentation des interventions, la faible traçabilité des financements, l’insuffisance de données consolidées, la faible coordination des actions, les capacités territoriales limitées, les crises et la baisse des financements globaux, et la participation encore trop consultative des organisations nationales réduisent l’impact collectif.

Nous choisissons donc de renforcer la cohérence de nos interventions en les inscrivant dans une action sectorielle coordonnée, territorialisée, financée, mesurable et redevable, afin d’accroître leur impact collectif.

À BOALI, NOUS FAISONS QUATRE CHOIX :

  1. ALIGNER nos interventions sur les priorités nationales.
  2. FINANCER durablement nos ambitions.
  3. ACCÉLÉRER les changements attendus pour les femmes, les filles, les familles et les enfants.
  4. RENDRE COMPTE collectivement des ressources mobilisées et des résultats obtenus.

 

PRINCIPES DIRECTEURS

Leadership national : Le Ministère assure le pilotage politique et technique, dans le respect des mandats sectoriels. Droits et inclusion : Intérêt supérieur de l’enfant, égalité et non-discrimination, droits humains, participation effective et sûre, confidentialité et principe de ne pas nuire.
Nexus et territorialisation : Articulation de l’humanitaire, du développement et de la paix, avec priorité aux zones sous-desservies, respect des droits fonciers et communautaires. Participation décisionnelle : Co-conception et voix effective des femmes et organisations féminines, de jeunes, des personnes handicapées et des communautés.
Résultats et transparence : Budgets, données, indicateurs, décisions et résultats documentés, protégés et accessibles sous forme agrégée. Durabilité : Renforcement institutionnel, transfert de compétences, localisation, coûts récurrents et stratégies de transition dès la conception.

Responsabilité et redevabilité : Amélioration de la gestion des ressources disponibles et la culture de reddition des comptes, faciliter l’accès à l’information publique et renforcer le contrôle citoyen des interventions.

 

NOTRE AGENDA COMMUN 2026–2028

  • Institutionnaliser le genre et l’inclusion sociale dans les politiques publiques, la planification, les budgets et les systèmes nationaux de suivi.
  • Prévenir et répondre aux violences basées sur le genre par un parcours holistique, sûr, confidentiel, continu et centré sur les survivantes.
  • Faire de l’autonomisation des femmes et des jeunes un parcours intégré reliant compétences, droits, finance, actifs productifs, marchés et protection sociale.
  • Garantir à chaque enfant un continuum de protection, de l’alerte au suivi post-réinsertion, articulant famille, santé, éducation, justice, état civil et protection sociale.
  • Assurer une participation effective, sûre et influente des femmes et des jeunes à la gouvernance, aux élections, à la paix, à l’action humanitaire et aux décisions.
  • Rendre opérationnels la coordination intersectorielle, la mobilisation conjointe des ressources, les données, la gestion des connaissances et la redevabilité publique.
  • Accélérer l’application effective de la loi sur la parité et les progrès vers au moins 35 % de représentation des femmes dans les instances de décision.

 

NOS ENGAGEMENTS DE BOALI

DE L’ENGAGEMENT POLITIQUE À DES RÉSULTATS VÉRIFIABLES

NOUS NOUS ENGAGEONS COLLECTIVEMENT À :

  1. ALIGNER ET PROGRAMMER ENSEMBLE. Soumettre toute intervention pertinente à une fiche commune d’alignement aux cadres et engagements sectoriels existants, (les engagements aux Forums de Bogota, Loi de la parité, PAN 1325, la Politique sectorielle, le Plan national de développement, le Cadre de coopération des Nations Unies, Plan de Réponse Humanitaire, etc.), en précisant résultats, zones, groupes cibles, budget, responsabilités, risques et stratégie de durabilité.
  2. COORDONNER SANS MULTIPLIER LES STRUCTURES. Consolider les mécanismes existants sous le leadership du Ministère, avec un niveau politique, un secrétariat technique permanent, des groupes thématiques et des relais territoriaux disposant de mandats, plans de travail, moyens et obligations de rapportage.
  3. CARTOGRAPHIER ET RENDRE LES FINANCEMENTS TRAÇABLES. Mettre en place un registre national harmonisé 4W/5W+ des interventions, financements, zones, populations cibles, services, résultats, lacunes et dates de fin, actualisé périodiquement et validé par les institutions concernées avant diffusion.
  4. FINANCER L’EGALITE ET LA PROTECTION. Accroître les ressources publiques et extérieures, promouvoir la budgétisation sensible au genre, préparer un pipeline conjoint de programmes chiffrés et territorialisés, favoriser les financements pluriannuels et ouvrir des mécanismes accessibles aux organisations nationales et aux initiatives responsables du secteur privé. Diversifier les sources de financement en mobilisant, selon les opportunités, les partenaires au développement, les financements innovants, les fonds climat et verts, le secteur privé, les institutions financières et la diaspora. Engager le processus de mise en place d’un FONDS NATIONAL POUR LA PROMOTION DE LA FEMME ET DE L’ENFANT, comme mécanisme fédérateur de mobilisation, de mutualisation et d’orientation des ressources vers les différents volets de la Politique sectorielle. Ce mécanisme reposera sur des modalités de gouvernance, de transparence, de traçabilité et de redevabilité à définir conjointement.
  5. GARANTIR DES SERVICES INTEGRES ET DE QUALITE. Organiser des parcours continus et référencés pour les survivant(e)s de VBG/VSLC, les enfants et les personnes vulnérables, avec des normes communes, des personnels qualifiés, l’accès à la justice et auxdes mécanismes de plaintes sûrs, une supervision de qualité et des plans de continuité évitant les ruptures de services.
  6. ACCELERER LA PARTICIPATION ET LE LEADERSHIP DES FEMMES. Accélérer l’application effective de la loi sur la parité et les progrès vers au moins 35 % de représentation des femmes dans les instances de décision. Faire des nominations, des processus électoraux et des autres mécanismes de désignation et de décision des opportunités concrètes pour progresser vers cet objectif.
  7. DECIDER AVEC DES DONNEES PROTEGEES. Adopter un cadre commun de résultats, un dictionnaire d’indicateurs et des protocoles de collecte, de partage, de confidentialité et de protection. Les données seront désagrégées selon les critères pertinents et éthiques, sans identification des survivant(e)s ni exposition des enfants.
  8. MESURER, APPRENDRE ET RENDRE COMPTE : Tenir des revues régulières de coordination, suivre chaque décision avec un responsable et une échéance, publier un rapport annuel agrégé sur les progrès, renforcer les interactions avec les mécanismes internationaux et régionaux des droits de l’homme et mettre en œuvre leurs recommandations, financements, écarts, enseignements et mesures correctives, et organiser une revue multi-acteurs accessible aux communautés. Mettre en place un tableau de bord conjoint Gouvernement–Partenaires permettant de suivre les résultats, les financements mobilisés, les gaps et les engagements pris.
  9. RENFORCER LES CAPACITÉS ET LA DURABILITÉ. Institutionnaliser le transfert de compétences avec une approche basée sur les droits, développer des campagnes communautaires de sensibilisation, l’ancrage des mécanismes dans les administrations nationales et territoriales, le financement des coûts récurrents, la capitalisation des bonnes pratiques et le passage à l’échelle des approches démontrant des résultats.

CADRE DE MISE EN ŒUVRE ET DE REDEVABILITÉ

La feuille de route opérationnelle conjointe 2026–2028, le cadre commun de résultats, le registre 4W/5W+, le tableau de bord et la matrice de suivi des décisions constituent les instruments de mise en œuvre de la présente Déclaration. Le Ministère en assure le leadership et le secrétariat technique, avec l’appui des ministères sectoriels, des collectivités, des partenaires techniques et financiers, du Système des Nations Unies, des organisations non gouvernementales internationales, de la société civile et du secteur privé. Les responsabilités et échéances seront confirmées dans la feuille de route validée. Une revue périodique permettra d’apprécier collectivement les progrès réalisés, les ressources mobilisées, les gaps persistants et les mesures d’accélération nécessaires.

 

NOTRE ENGAGEMENT COMMUN

« À Boali, nous faisons le choix d’un partenariat fondé sur le leadership national, la complémentarité, la confiance, la participation et l’obligation de résultats.

Nous faisons également le choix de mieux aligner nos interventions, de mobiliser ensemble les ressources nécessaires et de rendre compte des progrès accomplis.

Chaque ressource mobilisée, chaque expertise apportée et chaque action conduite devra améliorer concrètement l’exercice des libertés et droits fondamentaux, la dignité, la sécurité et les perspectives des femmes, des filles, des familles et des enfants en République centrafricaine. »

 

Fait à Boali, le 28 août 2026

ONT PRIS PART À LA RETRAITE STRATÉGIQUE DE BOALI

  1. GOUVERNEMENT ET INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
  2. Ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant
  3. Assemblée Nationale ;
  4. Observatoire Nationale de la Parité ;
  5. SYSTÈME DES NATIONS UNIES
  6. Bureau du Coordonnateur Résident (RCO),  ONU Femmes, UNFPA, UNICEF,  PNUD, HCR,  OCHA, FAO, HCDH PAM, OIM,  PBF, MINUSCA – Section Genre.
  • ONG INTERNATIONALES
  1. Plan International, OXFAM,  International Rescue Committee (IRC),  Finn Church Aid (FCA),  FSD

 

  • ONG NATIONALES ET SOCIÉTÉ CIVILE
  1. AFJC, OFCA, Forum des Femmes Parlémentaires.

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