L’Afrique unie face à la menace Ebola Bundibugyo

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Bangui, 14 août 2026 (LANOCA) – le vendredi 14 août 2026, la capitale de la République centrafricaine est le siège d’une réunion transfrontalière majeure dédiée à la préparation et à la réponse à l’épidémie d’Ebola, souche Bundibugyo. Sous l’égide du gouvernement centrafricain, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’Africa CDC, cet événement réunit les ministres de la Santé, les experts et les partenaires techniques de divers pays d’Afrique centrale et de l’Est pour enrayer la propagation régionale de cette épidémie qui dévaste actuellement la République démocratique du Congo (RDC).

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte sanitaire particulièrement alarmant. D’après les données officielles, au 9 août 2026, la RDC comptait plus de 4 381 cas confirmés et 2 011 décès, soit un taux de mortalité supérieur à 54 %. Ces chiffres suscitent d’intenses craintes quant à une éventuelle propagation vers les pays voisins à cause des flux transfrontaliers importants.

Une réponse au-delà des frontières

Dans son discours d’ouverture, le représentant de l’OMS par intérim en République centrafricaine, le Dr Ghislain PODA,  a souligné que les épidémies ne respectent pas les frontières administratives. La sécurité sanitaire régionale dépend désormais d’une coopération renforcée entre les États. « Face aux menaces épidémiques qui ignorent nos frontières administratives, notre réponse doit également être sans frontière, » a-t-il déclaré devant les délégations, de l’Ouganda, du Sud-Soudan, de la République du Congo,  de la République Démocratique du Congo et de la République centrafricaine.

Le Représentant de l’OMS par intérim a insisté sur le fait que les échanges commerciaux, les déplacements de population et les liens communautaires rendent impérative une approche concertée en matière de surveillance sanitaire. Il a cité en exemple les épidémies de choléra qui affectent actuellement les deux côtés du fleuve Oubangui entre la RCA et la RDC, ainsi que la circulation du Mpox dans certaines zones frontalières de la sous-région.

L’OMS préconise ainsi une harmonisation des mécanismes d’alerte, un partage rapide des informations épidémiologiques, un renforcement des points d’entrée et une implication accrue des communautés dans la prévention et la détection précoce des cas.

La CEMAC appelle à une vigilance accrue

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S’exprimant au nom de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), son président, Baltasar Engonga Edjo’o, a affirmé que la menace Ebola constitue un défi majeur pour la stabilité sanitaire, sociale et économique en Afrique centrale. Il a précisé que la CEMAC avait immédiatement activé ses mécanismes de coordination suite à la déclaration d’urgence sanitaire internationale pour soutenir ses membres dans leurs préparatifs.

Selon lui, les évaluations techniques régionales mettent en lumière une situation préoccupante : seule une couverture globale de préparation de 43 % est atteinte au sein des pays de la communauté, révélant des vulnérabilités persistantes face à cette crise sanitaire d’envergure.

Le président de la Commission a aussi souligné l’importance d’accroître les ressources financières pour appuyer les efforts nationaux. « Rien n’est faisable sans ressources, » a-t-il déclaré, invitant les partenaires techniques et financiers à intensifier leur soutien aux États selon le plan régional adopté à Brazzaville en juin 2026.

Africa CDC annonce l’ouverture d’un bureau en République Centrafricaine

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Lors de la cérémonie d’ouverture, le Directeur Général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a félicité la République Centrafricaine pour les progrès réalisés dans le renforcement de son système de santé au cours des vingt dernières années. Il a particulièrement salué le leadership des autorités locales, notamment celui du ministre de la Santé, Dr Pierre Somsé, pour son engagement dans les réformes sanitaires.

Dans une déclaration bien accueillie par les participants, le Dr Kaseya a annoncé qu’Africa CDC allait ouvrir un bureau national permanent en Centrafrique. Ce bureau, dirigé par le Dr Guy-Patrick Obiang Ndong, ancien Ministre de la Santé du Gabon, aura pour mission d’appuyer le pays dans le développement de ses capacités de prévention, surveillance et réponse aux urgences sanitaires.

En outre, Africa CDC s’engage à apporter un soutien financier immédiat de 1,5 million de dollars pour soutenir la mise en œuvre du plan national contre l’importation de la maladie à virus Ebola. Le Dr Kaseya a déclaré que ces fonds seraient disponibles dès la semaine prochaine pour accélérer les actions prioritaires sur le terrain. Il a également confirmé son engagement à mobiliser davantage de ressources via des mécanismes internationaux comme le Pandemic Fund pour soutenir la République Centrafricaine.

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Le Premier ministre Félix Moloua a ouvert les travaux en soulignant l’importance d’une coopération transfrontalière renforcée face à ce qu’il considère comme une « menace existentielle » pour la région. Il a rappelé que des mesures avaient été prises dès l’annonce de l’épidémie en République Démocratique du Congo le 15 mai 2026, sous la supervision directe du président Faustin-Archange Touadéra.

Le Premier ministre a énuméré plusieurs progrès : – Quarante points d’entrée officiels opérationnels. – Treize districts frontaliers couverts par le dispositif de préparation. – Renforcement des infrastructures sanitaires dans les localités d’Obo, Zémio et Mbomou. – Un laboratoire mobile en fonction à Obo pour améliorer la détection rapide. – Forte implication des communautés dans la sensibilisation et la surveillance. Il a souligné que la communauté est considérée comme un partenaire dans la préparation, plutôt qu’un simple bénéficiaire de service.

Les travaux devront aboutir à des mécanismes renforcés de coopération transfrontalière et poser les bases d’un protocole régional harmonisant la surveillance épidémiologique. Une visite de terrain à Mongoumba est prévue pour observer les réalités sur place. Cette rencontre se veut une étape cruciale dans le renforcement d’un bouclier sanitaire régional face aux urgences sanitaires fréquentes, illustrant la nécessité d’une solidarité régionale stratégique.

Alors que la région continue de faire face simultanément aux menaces de l’Ebola, du choléra et du Mpox, l’attention est désormais tournée vers les décisions qui émergeront de Bangui et leur application concrète. Comme plusieurs intervenants l’ont souligné, la réussite se mesurera moins aux discours qu’à la capacité des États à agir collectivement avant que ne survienne la prochaine urgence.

Térence GAVENNE

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