Cette affaire qui oppose l’État centrafricain au groupe Antaser, associée à PADIMA S. A (groupe Médialink SARL), va bien au-delà d’un simple litige contractuel. Le Tribunal administratif de Bangui, saisi d’une demande de suspension, doit déterminer si les décisions ayant mené à la révocation d’Antaser au profit de la société Albatros pour la gestion du Bordereau Électronique de Suivi de Cargaison (BESC) sont légalement fondées.

Ce cas soulève des questions fondamentales concernant le respect des contrats administratifs, la sécurité juridique entourant les investissements et la fiabilité de l’environnement commercial en République centrafricaine. D’après les informations fournies, Antaser avait un accord pour gérer, exploiter et sécuriser le système BESC.
La firme affirme avoir investi de manière significative, tant financièrement que techniquement, pour moderniser cet outil essentiel destiné à superviser le transit des marchandises vers la République centrafricaine. Elle soutient que cet accord a été renouvelé en octobre 2025, puis confirmé en février 2026 pour une nouvelle période de dix ans, avec des droits d’exclusivité.
Quelques mois plus tard, des démarches administratives auraient été entamées pour changer d’opérateur.
La requête évoque une lettre adressée aux autorités camerounaises pour les informer de la résiliation de l’accord, suivie de la nomination d’Albatros comme nouveau gestionnaire du BESC, avant qu’une décision officielle de révocation ne soit prise en mai 2026.
Antaser considère que ces décisions ont été mises en œuvre alors que le contrat demeurait valide. Elle cite des violations des stipulations contractuelles relatives à la durée de l’accord, une atteinte à la sécurité juridique, un manque de justification des décisions administratives ainsi que l’absence de processus contradictoire préalable.
L’enjeu financier est également considérable
Antaser évalue sa perte immédiate à environ 500 000 euros (327,9 millions de FCFA), en raison de la perte de partenaires internationaux, de l’interruption de ses activités et du désordre de son réseau commercial. La société indique aussi qu’une clause dans le contrat stipule une indemnisation mensuelle de 100 000 euros si l’interruption est imputable au mandant et affirme que les conditions pour le déclencher sont réunies.
Au-delà des aspects juridiques, cette affaire soulève de nombreuses interrogations dans le milieu économique. Les plaignants soutiennent que la résiliation du contrat aurait été influencée par des conflits d’intérêts et d’autres facteurs non liés au contrat. Ils questionnent également le processus ayant conduit au choix du nouvel opérateur, Albatros.
À ce stade, ces accusations n’ont pas été validées par un jugement et les personnes concernées n’ont pas été tenues responsables des faits invoqués.
Ce conflit surgit alors que les autorités centrafricaines s’efforcent d’attirer davantage d’investissements privés pour soutenir son Plan national de développement 2024-2028 (PND 2024-2028)
Pour un grand nombre d’analystes économiques, la stabilité des contrats signés avec les investisseurs est un critère primordial de confiance. Toute remise en question d’accords contractuels sans fondement légal clairement établi pourrait accentuer les craintes des partenaires économiques étrangers.
Qu’est-ce que le Bordereau Électronique de Suivi de Cargaisons (BESC) ?
Le Bordereau électronique de Suivi des Cargaisons (BESC), est un document de recevabilité pour toutes les formalités de dédouanements et de transit à tous les ports d’entrée du territoire centrafricain.
Les avantages du Bordereau Électronique de Suivi de Cargaisons (BESC)
Le Bordereau Électronique de Suivi de Cargaisons (BESC) dispose de nombreux avantages pour les autorités gouvernementales et portuaires mais aussi pour les opérateurs économiques
Avantages du Bordereau Électronique de Suivi de Cargaisons BESC pour l’État :
Le BESC est un instrument de contrôle des cargaisons (informations réelles d’origine) et de sécurisation des pays destinataires :
• Il couvre les besoins d’identification
• Il est un instrument de contrôle des cargaisons et de coût de transport
• Il permet d’établir des statistiques fiables du commerce extérieur
• Assure une amélioration de la sûreté nationale du pays suite à une connaissance au préalable de marchandises sensibles (déchets, produits toxiques, armes, aliments périmés, médicaments de contrefaçon etc…)
• Contribue à la lutte contre la fraude.
Husseini Mahamat

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