Médecins Sans Frontières présente son bilan 2025 en République centrafricaine

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Le 23 juin 2026, à Bangui, les responsables des différentes sections de l’organisation médicale et humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) actives en République centrafricaine se sont réunis pour dévoiler le rapport annuel relatif à leurs activités menées au cours de l’année 2025.

Lors de cette rencontre avec les journalistes, l’organisation médicale et humanitaire a mis en avant les avancées réalisées dans plusieurs secteurs de santé, tout en insistant sur les défis persistants auxquels les populations centrafricaines continuent d’être confrontées.

Investissement de plus de 42 milliards de FCFA dans le secteur de la santé en 2025

La présentation du rapport s’est tenue à Bangui, sous la forme d’un café de presse animé par les représentants des quatre sections opérationnelles de MSF présentes dans le pays. Étaient notamment présents Jean-Michel Wiki Van Laere pour MSF Belgique, Audace Jagira pour MSF Espagne, Manuel Lopez pour MSF Hollande, et Virginie Napolitano, représentante pays de MSF en République centrafricaine.

Au cours de ce café de presse, les responsables ont dressé un bilan des opérations menées tout au long de l’année écoulée, mettant en avant non seulement les progrès réalisés mais aussi les contraintes sanitaires majeures qui affectent toujours le pays.

L’organisation, présente en République centrafricaine depuis 1997, s’apprête à célébrer près de trente ans d’engagement aux côtés des communautés locales. Actuellement active à travers ses quatre sections opérationnelles, elle poursuit sa collaboration avec le ministère de la Santé et de la Population pour garantir un accès gratuit et de qualité aux soins pour les populations les plus vulnérables.

Virginie Napolitano a souligné l’importance de cet engagement en déclarant que le rapport annuel ne se résume pas simplement à une compilation de chiffres ou d’actions réalisées. Il reflète surtout un partenariat solide et durable entre MSF, le ministère de la Santé, les communautés et tous les acteurs impliqués dans l’amélioration continue du système de santé en République centrafricaine.

D’après les données partagées lors de la présentation, MSF a investi un total de plus de 42,5 milliards de francs CFA en 2025 pour ses programmes dans le pays. Parmi ce montant, environ 2,8 milliards de francs CFA ont été spécifiquement alloués au développement et à la réhabilitation des infrastructures sanitaires.

Des centaines de milliers de patients pris en charge

En 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) a mobilisé un total de 1 990 employés nationaux, 204 personnels internationaux et 1 438 agents du ministère de la Santé pour répondre aux besoins médicaux croissants dans le pays.

Ces efforts ont permis de réaliser des avancées considérables : plus de 500 000 consultations ambulatoires, près de 60 000 hospitalisations et plus de 10 000 interventions chirurgicales dans les structures soutenues par l’organisation.

Le paludisme reste la principale cause de morbidité et de mortalité, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans. L’année 2025 a vu plus de 237 000 patients traités contre cette maladie dans les centres appuyés par MSF.

La santé maternelle et infantile a également continué d’être une priorité. À l’Hôpital Communautaire de Bangui, qui bénéficie du soutien de MSF, plus de 5 500 naissances ont été enregistrées dans les services obstétricaux et néonataux d’urgence. À l’échelle du pays, les équipes conjointes du ministère de la Santé et de MSF ont assisté plus de 22 500 accouchements.

En parallèle, plus de 9 000 personnes vivant avec le VIH ont reçu des soins et des traitements antirétroviraux, témoignant de l’engagement continu dans la lutte contre ce virus.

Renforcement des programmes de vaccination, de santé mentale et de lutte contre la malnutrition

Face à des besoins persistants, MSF a intensifié ses efforts dans plusieurs domaines essentiels.

En 2025, plus de 4 500 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge, soit une augmentation notable de 22,5 % par rapport à l’année précédente.

Dans le domaine de la santé mentale, près de 25 000 personnes ont bénéficié d’un accompagnement psychologique ou psychiatrique.

De plus, l’organisation a apporté un soutien médical, psychologique et social à plus de 3 380 survivants de violences sexuelles, soulignant cet axe comme une priorité majeure.

La vaccination a également connu un essor significatif grâce à un partenariat renforcé entre le Programme élargi de vaccination (PEV), le ministère de la Santé et MSF.

À travers ces efforts collaboratifs, près de 600 000 enfants ont été immunisés contre des maladies évitables telles que la rougeole, la méningite et la fièvre jaune, marquant une hausse impressionnante de 143 % par rapport à l’année précédente.

Investissements durables dans les infrastructures sanitaires

En comparaison avec 2024, MSF a augmenté ses investissements liés aux infrastructures sanitaires de 46 %, poursuivant ainsi ses efforts pour améliorer durablement les conditions de soin dans le pays.

Parmi les réalisations notables figurent la construction d’un bâtiment pédiatrique à l’hôpital de Carnot, la rénovation de plusieurs centres de santé à Bangui, Bambari, Bossangoa et Batangafo, ainsi que la modernisation des infrastructures hospitalières à Bangassou.

Des installations écoénergétiques ont également été mises en place, notamment à travers l’installation de panneaux solaires et d’autres équipements modernes dans plusieurs établissements sanitaires clés, afin d’assurer une meilleure disponibilité énergétique et une qualité accrue des soins.

Adaptation aux évolutions des besoins médicaux

En 2025, MSF a déployé neuf projets majeurs sur le territoire national, notamment à Bangui, Bambari, Bangassou, Batangafo, Bossangoa, Bria, Carnot et lors d’interventions d’urgence à Gamboula et Kabo.

Cependant, certains projets historiques sont entrés dans une phase de transition, comme ceux du Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui (CNHUB), de l’hôpital SICA et du site de Batangafo.

Cette évolution ne marque en aucun cas un retrait du pays. Les responsables de MSF précisent qu’elle reflète une adaptation aux besoins médico-humanitaires en constante évolution et vise à transférer progressivement certaines compétences clés aux autorités sanitaires locales pour garantir une continuité des soins à long terme.

Térence Gavenne

Crédits photos : Oubangui Médias

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