Clôture du mois du Rosaire à Bangui : Le Cardinal NZAPALAINGA appelle les chrétiens à devenir des porteurs de joie et d’espérance

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Une foule de fidèles catholiques a pris d’assaut la Cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Bangui ce samedi à l’occasion de la clôture du mois du Rosaire dans l’archidiocèse de Bangui. Cette célébration eucharistique d’action de grâce, présidée par le cardinal Dieudonné Nzapalainga, a réuni des chrétiens venus de différentes paroisses de la capitale, avec une forte mobilisation des membres de la Légion de Marie qui ont répondu massivement à ce rendez-vous spirituel marquant la fin d’un mois entièrement consacré à la dévotion mariale.

Dans une ambiance de recueillement, de prière et de chants à la gloire de Dieu, les fidèles sont venus rendre grâce pour les nombreuses bénédictions reçues durant ce temps de méditation et de communion avec la Très Sainte Vierge Marie. La liturgie du jour proposait comme première lecture un extrait du livre du prophète Sophonie (3, 14-18) et l’Évangile de la Visitation selon Saint Luc (1, 39-56), deux textes centrés sur la joie que Dieu accorde à son peuple.

Dès l’entame de son homélie, le cardinal Dieudonné Nzapalainga a invité les fidèles à méditer sur les paroles du prophète Sophonie : « Cris de joie, fille de Sion ». Pour le prélat, cette invitation à la joie est un message intemporel qui traduit l’amour de Dieu pour l’humanité.

Revenant sur le contexte de la première lecture, il a rappelé que le peuple d’Israël s’était éloigné de Dieu en se tournant vers les idoles et en abandonnant ses commandements. Face à cette infidélité, Dieu n’a pourtant pas rejeté son peuple. Il lui a envoyé le prophète Sophonie pour l’inviter à revenir à Lui et à renouer avec une vie fondée sur la foi et l’obéissance.

Selon le cardinal, ce passage révèle la profondeur de l’amour divin. Dieu ne se lasse jamais d’aimer son peuple malgré ses fautes. Il demeure toujours prêt à accueillir celui qui se repent et revient vers lui.

« Si tu n’aimes pas quelqu’un, tu ne peux pas lui partager ta joie », a déclaré le cardinal devant les fidèles.

Il a expliqué que Dieu a tellement aimé son peuple qu’il a voulu lui communiquer sa joie et sa paix. Une joie qui n’est pas réservée à quelques privilégiés mais destinée à être vécue et partagée par tous ceux qui accueillent la parole de Dieu dans leur vie.

Poursuivant son enseignement à partir de l’Évangile, le cardinal a présenté la Vierge Marie comme le modèle parfait de celle qui reçoit la grâce de Dieu et la transmet aux autres. Après avoir accueilli l’annonce de l’ange Gabriel et reçu dans son sein le Sauveur du monde, Marie ne garde pas cette immense grâce pour elle-même. Elle se met immédiatement en route pour aller à la rencontre de sa cousine Élisabeth.

Pour le prélat, cet épisode constitue une véritable école missionnaire pour tous les chrétiens.

« Cette richesse qu’est Jésus-Christ, Marie ne l’a pas conservée pour elle. Elle est allée la partager avec sa cousine », a-t-il souligné.

Le cardinal a rappelé qu’avant la venue du Christ, le peuple d’Israël portait l’Arche de l’Alliance comme signe de la présence de Dieu au milieu de lui. Désormais, Marie devient elle-même la nouvelle Arche de l’Alliance puisqu’elle porte en elle Jésus-Christ, la Parole vivante de Dieu faite chair.

Cette Parole, a expliqué le cardinal, est venue transformer le monde et apporter le salut à l’humanité. Marie devient ainsi l’exemple de celle qui accueille la Parole de Dieu avec foi et qui la transmet sans hésitation à ceux qui l’entourent.

S’adressant aux fidèles, le cardinal a souligné que cette attitude doit inspirer tous ceux qui ont consacré leur temps à la prière durant le mois du Rosaire. Il a rendu hommage aux nombreux chrétiens qui ont fréquenté les grottes mariales et les différents lieux de prière pour méditer les mystères du Rosaire.

Selon lui, ces moments de prière ne doivent pas rester sans effet dans la vie des croyants. Au contraire, ils doivent produire des fruits visibles de conversion, de solidarité et d’engagement chrétien.

« Marie est allée vers Élisabeth. Elle ne s’est pas enfermée sur elle-même. Nous aussi, avec tout ce que nous avons reçu pendant ce mois du Rosaire, nous devons aller vers nos frères et sœurs », a-t-il insisté.

Commentant ensuite la rencontre entre Marie et Élisabeth, le cardinal a mis en lumière la force spirituelle du simple salut adressé par Marie à sa cousine. Dès qu’Élisabeth entend la voix de Marie, l’enfant qu’elle porte dans son sein, Jean-Baptiste, tressaille de joie.

Pour le cardinal, cet événement montre que Dieu agit à travers les personnes qu’il envoie. Il utilise les hommes et les femmes de bonne volonté pour transmettre sa grâce, son réconfort et sa bénédiction.

Aujourd’hui encore, a-t-il expliqué, Dieu veut passer par chacun de ses enfants pour visiter ceux qui souffrent, encourager les découragés, relever ceux qui sont tombés et redonner espoir à ceux qui vivent dans la peur ou l’incertitude.

Le cardinal a également attiré l’attention des fidèles sur l’humilité de la Vierge Marie. Malgré les merveilles accomplies par Dieu dans sa vie, elle ne s’est jamais glorifiée elle-même. Elle est demeurée une humble servante entièrement disponible à la volonté divine.

Cette humilité, selon lui, demeure une vertu essentielle pour tout chrétien.

« Si nous nous faisons humbles comme Marie, Dieu accomplira de grandes choses dans notre vie. Si nous nous reconnaissons pauvres, Dieu nous enrichira. Si nous reconnaissons notre faiblesse dans la foi, Dieu la fera grandir », a-t-il affirmé.

Le prélat a exhorté les fidèles à faire régulièrement leur examen de conscience afin de reconnaître leurs faiblesses et de laisser Dieu agir dans leur existence.

Il les a également invités à poursuivre la prière du Rosaire au sein de leurs familles, de leurs mouvements d’Église, de leurs communautés chrétiennes et de leurs lieux de vie.

Selon lui, de nombreuses personnes ignorent encore la richesse spirituelle de cette prière. Ceux qui l’ont découverte et vécue au cours de ce mois ont désormais la responsabilité de la transmettre autour d’eux.

Le cardinal a enfin prié pour que tous les participants deviennent, à l’image de Marie, des témoins authentiques du Christ et des messagers de sa joie dans une société marquée par les défis sociaux, économiques et sécuritaires.

À la fin de la célébration, le président du Senatus de la Légion de Marie, Guy Alain Thoka, a pris la parole pour adresser un message de gratitude à l’ensemble des fidèles.

Il a rendu grâce à Dieu pour toutes les bénédictions accordées durant ce mois du Rosaire à travers l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie. Il a également remercié le cardinal Dieudonné Nzapalainga pour sa disponibilité pastorale ainsi que l’aumônier diocésain de la Légion de Marie, l’abbé Philippe Grebalet, curé de la paroisse Saint-Benoît de Pétévo, et tous les prêtres ayant participé à cette célébration.

Guy Alain Thoka a profité de cette occasion pour rappeler que la clôture du mois du Rosaire ne signifie pas la fin de la dévotion mariale.

« La fin du Rosaire n’est pas un congé de notre Mère », a-t-il déclaré.

Il a invité les fidèles à renouveler leur consécration au service de la Vierge Marie afin qu’elle les conduise chaque jour davantage vers son Fils Jésus-Christ.

Enfin, il a souhaité que l’humilité, la disponibilité et l’amour de Marie inspirent continuellement les chrétiens dans leur mission d’évangélisation et dans leur engagement au service de l’Église et de la société.

Cette célébration de clôture du mois du Rosaire aura ainsi été un puissant appel à la conversion, à l’humilité et au partage de la joie du Christ. Un message qui résonne avec force dans le cœur des fidèles appelés, à l’exemple de la Vierge Marie, à devenir des porteurs d’espérance au sein de leurs familles, de leurs communautés et de toute la nation centrafricaine.

Roméo Silvère Doubalet

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